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ARGENTINE

 

 

Mercredi 14 janvier 2004 (J+95) (Vincent)
Temps nuageux

Dakar, dernier jour


Apres une matiale seance de cyber, c est l heure des grands preparatifs pour prendre l avion. Il faut degonfler les pneus, bloquer les freins, demonter les pedales, enlever la selle... et surtout revetir notre remorque de son bel habit de carton et de scotch...
Ce petit manege nous prend pratiquement toute la journee. A noter tout de meme le bon diner prepare par Alice et Daniel : pour en finir avec notre tour d horizon de la cuisine Ouest-Africaine, ils nous font gouter le To : c est de la puree de pommes de terre a laquelle on ajoute de la fecule... de pomme de terre ! Ca fait comme une boule que l on deguste avec une sauce de legume gluant, le gombo. Un peu special mais finalement pas mal du tout.
Apres des derniers fignolages-preparatifs, on va se coucher vers minuit. Debout dans 5 heures pour 3 vols dans la meme journee !
Vraiment un grand merci a la famille Gauthe pour ce fantastique accueil qui nous a permis de profiter a fond de Dakar !




Jeudi 15 janvier 2004 (J+96) (Romain)

Voyages en avion


La nuit a ete courte et il est difficille de se lever pour faire nos "au revoir" a la famille Gauthe, prendre le taxi et l'avion. Celui-ci decolle a l'heure et nous degustons rapidemment notre premier repas d'avion de la journee avant d'admirer vu d'en haut le trajet que l'on a fait en 3 mois... Vers les 15h00, l'avion atterrit avec une demie heure d'avance ce qui est assez exeptionnel pour Air Senegal a tel point que le pilote insiste beaucoup sur l'exploit.
A Orly c'est le moment fort de la journee puisque c'est l'occasion pour nous de voir notre famille et nos amis : grosse emotion au programme. Les disponibles et courageux qui sont la sur place sont evidememnt nos Maman mais aussi Constance, Francois, Olivier, Baf, Backy, PH, Lilie, et encore Nels, Gibox, Alice, Maz et Rom. Certains sont aussi present par telephone intepose : Papa, Doudou, Gildas, Alexandra, Jacky et Marie Amelie. Bref c'est vraiment enorme et le temps nous parait tres court...A 18h00, il est deja l'heure de se dire au revoir et d'embarquer pour notre second vol de a journee.
Mon bagage a main etant refuse, je suis contraint de le laisser en soute mais a part ca tous les bagages sont passes sans surpoid a payer...ouf!
Le reste de la journee se fait en l'avion avec une courte escale a Madrid. Avec 10 cm pour les jambes, la nuit va etre courte...




Vendredi 16 janvier 2004 (J+97) (Vincent)

Visite "forcee" de Buenos Aires


8h, l avion se pose enfin. On a mal dormi mais les vraies mauvaises surprises sont a venir : on s est fait piquer tous les saucissons ainsi que tous les Lonely Planet et le diapason dans la soute a bagages ! Je suis degoute, c est vraiment la lose ! Mais ce n est pas tout : il manque le top case de Romain !
Le temps de nous plaindre au comptoir (on va finir par devenir des pros), on sort de l aeroport, super veneres. Il faudra repasser demain pour chercher le top case reste a Orly.
Dehors, Guillaume, un ami de Romain en vacances a buenos aires, nous attend : c est la bonne surprise ! On avait peur qu il se soit barre le temps qu on regle nos petites histoires.
Il nous propose de nous loger chez une de ses copines qui est partie en WE. Ni une, ni une, nous embarquons dans un taxi (2 taxis en fait) pour nous rendre au centre ville : l appart est incroyable : un loft de folie dans le quartier de Palermo Viejo, un quartier tres "boheme" dixit Guillaume. On s y lave rapidement... on en a VRAIMENT besoin... d ailleurs on s excuse a ce sujet aupres de tous ceux qui sont venus nous voir a Orly ! :o)
Finalement, notre journee pourrie se poursuit plutot bien : on va dejeuner dans une sandwicherie top fashion : on y sert les "bocadillos" dans une corbeille en osier. On y goute egalement un bon "licuado", une des specialites argentines... pas de quoi craner, en gros c est un milk-shake!
Ensuite, visite de quartier de "Ricoleta" : il fait beau, Buenos Aires est une ville superbe, les filles sont jolies... "le stress, toujours le stress" est le maitre-mot de la journee.
A Ricoleta, on visite un parc, une eglise et un cimetiere, celui abritant la tombe d Eva Peron (dite Evita), qui a fait beaucoup pour l Argentine... mais que personnellement je ne connaissais qu a travers le film dont Madonna a le 1er role !
Apres cette journee bien reposante, direction le resto avec Guillaume et Charlotte, une amie expat´ de la copine de Guillaume. Soiree tres sympa autour d un bon bife de chorizo (un gros steack). Nous la terminerons dans une boite de Tango : jeunes et moins jeunes y dansent tres serieusement, enchainant de difficiles pas de danse colles-serres tout en faisant la tronche... tres impressionnant !
Je suis crame, ca fait trois heures que je n ai pas decroche un mot... je suis soulage d apprendre qu on va enfin se coucher...




Samedi 17 janvier 2004 (J+98) (Romain)

Visite de BA ... 2


Ce matin, apres un reveil a une heure raisonnable compte tenu de notre retard de sommeil, nous commencons les preparatifs et le rangement des remorques. C'est alors qu'arrive mon bagage a main, livre par Iberia avec un jour de retard. La joie est de courte duree puisque la serrure du bagage a ete forcee au marteau et au tournevis...a l'interieur, il n'y a plus mon apareil photo...
Apres s'etre remis de l'enervement nous retardons notre depart d'un jour et nous commencons le marathon afin d'obtenir une indemnisation. Le nombre de papiers et de demarches necessaires est allucinant...nous y passons notre aprem sans faire beaucoup avancer le shmilblic.
Pour la soiree, nous decidons de decompresser un peu et partons en ville assister un concert folklorique avec Guillaume, Charlotte, Bertille et sa Moman. Le concert est sympa : un peu comme dans les Fetz Noz, les gens dansent avec entrain selon des pas assez complexes. Pour le dinner nous nous offrons un enorme steak, la specialite du pays, a un prix ridicule puisque la devaluation du pesos (en 2002) et l'euro fort jouent en notre faveur. Le repas en est d'autant plus sympathique. Apres, nous partons dans un premier bar puis un deuxieme dans lequel nous croisons des expats venus de toutes part, la vodka red-bull leur fait parler Francais : c'est magique. 
Nous lachons le groupe pour la boite de nuit : il est deja tard et nous devons partir demain.



Dimanche 18 janvier 2004 (J+99) (Vincent)
depart : Buenos Aires   Arrivee : Ezeizas,un peu plus loin...
30 km   Total : 4819 km

Argentine, c est partine !



Apres la soiree d hier, pas moyen de decoller de notre lit... on se leve finalement pour aller dejeuner avant le grand depart. Dejeuner super relax avec Guillaume puis adieux a ce dernier. Merci Guillaume ! Grace a toi notre escale forcee dans la grande capitale a ete un vrai bonheur !
On repart en taxi direction l aeroport pour finir de raler aupres de la policia aeronautica... 3 heures !!!
Il est deja 18h, on monte sur nos engins : ca fait + d une semaine qu on a pas pedale et mauvaise surprise... nos derailleurs deconnent completement... satane avion !
NOus avancons timidement a la boussole (on n a pas de carte precise du coin) jusqu a la nuit. NOus sommes alors dans une sorte de ghetto de riches : d immenses proprietes avec piscine et/ou terrain de foot... a 500m de ce quartier, surprise, des maisonnettes de tole en piteux etat ! Le contraste est saisissant !
Finalement, apres avoir discute longuement avec les gens du coin (riches et moins riches), nous trouverons refuge au QG de securite des maisons du quartier... Les pates sont bonnes, les vigiles sympas... pour le reste on verra demain.




Lundi 19 janvier 2004 (J+100 !!!!)  (Romain)
91 km   Total : 4910
Depart : Ezeizas   Arrivee : Navarro
Beau Temps (presque trop chaud)

- Qui a vole l'orange ?
- C'est pas moi


Ce matin le reveil se fait sur les coups de 9h00 du mat. Il nous faut reprendre le quotidien passionnant : vaisselle et rangeage de tente ... Nous partons ensuite pour notre premiere journee de velo entiere dans l'hemisphere sud !
Assez rapidement une pause reparation de velo s'impose : l'avion les a bien deregles ! Nous enchainons avec un resto routier toujours aussi bon et peu cher. L'aprem, nous faisons connaissance avec les chemins de terre : Buenos Aires nous a paru tellement moderne et Europeene que nous sommes etonnes de voir que la majorite des routes sont ici en chemin de terre !
Pour la nuit, apres plus de 90 km parcourrus nous cherchons un coin douillet pour la nuit. Apres une demie heure de discussions qui n'aboutissent a rien avec des gardiens d'une ferme, nous tentons notre chance dans un resto isole. Bien nous en a pris ! Nous sommes acceuillis comme des rois, pour l'apero et le dinner ! Ce resto n'ouvre en fait que les we et jours feriers. Il propose des journees a la campagne aux gens de Buenos Aires dans une ferme ancienne et assez jolie (quoique infestee de crapeaux). Nous avons le droit a un verre de Quilmes (la bierre locale, delicieuse) et des empanadas (tout plein de trucs enroules dans une pate feuilletee ou brisee, le truc dedans depend de la region, ici c'est de la viande avec de la sauce, c'est delicieu). Nous decouvrons que la famille qui nous acceuille vit quasiment en autonomie, recuperant le lait et la viande des vaches, faisant son lait, son beurre, son fromage, son pain et buvant l'eau de son puit. Apres le dinner nous regardons du "doma" a la tele : c'est en fait du rodeo (comme dans Lucky Luke) tres populaire ici... Le seul point noir de la soiree est le clebard local a vole l'orange, les gateaux .... et le siflard rescape des bagagistes de Orly. Soit on est vraiment boulet, soit le sort s'acharne; comme vous voulez, en tout cas c'est desesperant ! Nous sommes tout de meme bien consoles apres la bonne soiree passee.



Mardi 20 janvier 2004 (J+101) (Vincent)
Depart : Navarro   Arrivee : La Rica
90 km   Total : 5000 km !
Beau temps

"Un p´tit chat..."



Reveil enchanteresque au milieu de la campagne : pendant que nous rangeons nos affaires, la maitresse de maison nous a prepare le ptit dej ! Tartines de beurre "casero" (fait maison) avec dulce de leche casero tambien... regalissime !
Puis nous avons droit a une visite guidee de la ferme : on dit bonjour aux meuh, coucou a Dede le cochon puis c est l heure de dire au revoir a nos charmants hotes. Nom de diou, quel bol d air !
Il est midi, objectif un village a 40 bornes de chemin de terre...
Le chemin est vraiment difficile : on force comme des furieux sur les pedales, on s enfonce, on n avance pas, une vraie galere ! En plus, c est hyper casse gueule... concentration maximale obligatoire ! La fatigue commence a serieusement se faire sentir.
Pour couronner le tout, les croisements de chemin de terre ne sont pas tous indiques sur la carte. Du coup, on se paume (10 km de detour)... ras le bol !
A 16h30h, a bout de forces (on a rien bouffe depuis de matin et toujours pas de boutique en vue), on attaque la sauce tomate, le seul aliment qui nous reste dans nos remorques. Ca nous procure tout juste l energie pour aller jusqu au village a 5 km...
On s etale comme des masses a une table avec nos sandwichs et notre biere mais pas le temps de dire ouf qu il faut deja repartir : le temps est menacant... s agirait de faire vite pour les 15 derniers kms de terre avant qu ils ne deviennent impraticables.
On trace comme des furieux et arrivons finalement entierement recouverts de terre au croisement avec la grand route en bitume ! Que bueno !
On continuera finalement quelques bornes jusqu a La Rica ou une femme nous accueille dans son garage...
Probleme, 5 ptits chats (genre 1 mois) ont egalement elu domicile dans le garage... ils s amusent comme des ptits fous sur nos remorques, sautent partout... on joue au foot-cat... tres sympa !
ca devient moins sympa quand on doit se coucher... impossible de s en debarasser ! Ils viennent se blotir sur nos sacs de couchage... pas moyen de dormir !
Apres une bonne demi heure a lutter contre + forts que nous, on se decide enfin a monter la tente... Bonne nuit les chats !



Mercredi 21 janvier 2004 (J+102)  (Romain)
61 km   Total : 5061 km
Depart : La Rica   Arrivee : Alberti
Beau temps

"Lo deseo mucha suerte y que todo lo passa bien"


Reveil assez tard encore une fois, nous retrouvons rapidement nos petits chats, qui nous regardent ranger notre barda. Une fois pret, nous partons a Chivilcoy ou nous faisons un cyber afin de regler notre rdv avec JB et Laure, 2 amis de vincent actuellement dans le pays. Nous recontrons beaucoups de gens dans la ville : ils sont tres ouverts et acceuillants. 
Nous pouvons ainsi paufiner notre Argentin et discuter avec les locaux. Nous rencontrons un cycliste des Andes, nous nous faisons offrir une glace et nous repondons au question d'un journaliste !! Nous sommes quasiment familiarises avec l'accent argentin : ici ils remplacent le son "lle" par "che"; "Yo me llamo Romain" devient "cho me chamo Romain". Au final ca donne un peu des sons portuguaich. Bref, c'est un plaisir de discuter calmement et nous prenons notre temps. Ce qui est comique, c'est qu'a chaque fois que nous quittons quelqu'un, nous avons le droit a des "Lo deseo mucha suerte et que todo lo passa bien". C'est toujours la meme phrase !!!
Nous quittons Chivilcoy assez tard et nous roulons jusqu'a Alberti. Nous sommes des l'entree aborde par un fan de Aznavour tres sympathique. Il nous propose au depart de nous graisser nos chaines mais nous parvenons a nous faire inviter a dormir dans son hangar pour la nuit (c'est ca le metier!!). Il est en tout cas tres sympathique et rigolo. De notre cote, nous sommes ravis de notre palace et nous nous offrons avant nos pates quotidiennes un apero a la Quilmes et aux Manis (cacahuetes) : royal !



Jeudi 22 janvier 2004 (J+103)  (Vincent)
Depart : Alberti   Arrivee : 9 de Julio
80 km T  otal : 5141km


Dur dur d etre celebre...



Ce matin, Julio, notre hote, a appele la tele locale pour faire un reportage sur nous... en espagnol ! Les journalistes sont de vrais pros : il arrivent au lieu de rendez vous... a velo !
Ils nous posent toutes sortes de questions et avec le gros stress de la camera, les mots espagnols sortent difficilement de notre bouche... m enfin c est bien marrant ! Maman, tu devrais recevoir la cassette bientot !
Une fois nos obligations d hommes celebres accomplies, nous repartons dans l anonymat sur la route numero 5, dans la pampa.

Petit aparte : la pampa, c est comme la Beauce en beaucoup + grand : tout droit, tout plat, plein de vaches... on s ennuie sec sur les velos... fin de l aparte.

Et vla ti pas qu on a fait 20 bornes qu un type s arrete pour nous dire qu il nous a vu dans le journal de Chivilcoy... on peut pas etre tranquille dans ce pays !
Il nous donne meme l exemplaire du journal : on fait la une ! a l interieur, l article est une vraie blague : des citations de trucs qu on a pas dit et surtout des broderies de folie faites par le journaliste a partir des 2 pauvres questions auxquelles on a repondu la veille... le mec avait du vouloir etre romancier quand il etait petit...
A midi, on a fait 25 km, on passe devant un resto :"- il est trop tot, on s arretera au prochain". La boulette ! Rien pendant + de 50 km ! Heureusement qu un autre mec qui nous a vu dans le journal nous file 2 gateaux pour tenir ! Finalement, ca a du bon d etre des idoles...
Nous dejeunons finalement dans une station-service apres 78 km... un record !
Apres ca, il nous reste tout juste l energie pour pousser jusqu au centre ville. Un ptit cyber pour prendre rdv avec JB et Laure qui doivent nous rendre visite demain et nous filons voir les policiers afin qu ils nous aident a trouver un endroit ou dormir... c est la boulette ! Certes ils nous trouverons une salle mais le chef de police, un gros rustre appelant ses sbyres au moindre pretexte (comme remettre de l eau dans sa tasse de the), ne nous lache pas de toute la soiree : il nous demande notre avis sur la politique, sur la paix dans le monde, nous enumere tous les penseurs francais celebres qu il connait (qui sont d ailleurs pas plus connus que mon boucher), les joueurs de tennis celebres comme "Moreau" (?!?), les parfums celebres francais... c est l horreur, on a l impression qu on pourra jamais aller se coucher !
Apres 4 bonnes heures d une conversation de comptoir des plus interessantes, il nous lache enfin ! Le sommeil ne tardera pas a venir.




Vendredi 23 janvier 2004 (J+104)  (Romain)
75 km   Total : 5216 km
Depart : 9 de julio   Arrivee : Governator Arias
Beau Temps

Deux invites from Paris !!

Aujourd'hui nous devons retrouver JB et Laure a 60 km de 9 de julio. Apres des "Au revoir" rapides (mucha suerte etc..) nous partons sur la route. Les 60 km seront rapidement passes et nous retrouvons Laure et JB dans le bled paume de Carlos Casares. Comme tous les autres celui ci est organise autour de la place carre sur laquelle se trouve la mairie, la banque et l'eglise (on se signe en passant devant ici...). Les retrouvailles se font autour d'un bon sandwich, dans un resto donnant fameuse place. Nous leur racontons nos peripeties et ils nous parlent de l'Argentine (nous ne connaissons que la Pampa ...), apparement c'est beau. Apres ce dejeuner et une visite de l'eglise (tres moche) nous partons avec nos deux invites qui ont loues leurs velos.
Pour eux, c'est la decouverte de la pampa et de ses longues lignes droites toutes plates! Ils s'etonnent d'un rien (- Oh regarde, un lion ! - Non Laure, c'est un chien...) et decouvrent notre quotidien. Pour la nuit, nous camperons au milieu de la Pampa, pres d'une ferme d'une famille d'origine francaise. Le ciel est magnifique, les pates et la Quilmes delicieuses, la soiree est donc nickel !


Samedi 24 janvier 2004 (J+105)  (Vincent)
Depart : Governador Arias   Arrivee : San Bernardo de Pehuajo
47 km   Total : 5263km


Reveil en famille a quatre dans notre belle tente. JB et Laure nous font croire qu ils ont bien dormi mais boudent notre bon p tit dej... ils aiment pas le lait, tant pis pour eux !
Pendant qu on boit notre Nesquik, on a droit a une seance visionnage des photos d Argentine de Laure et JB : c fou tous les trucs magnifiques qu il y a en Argentine et qu on va pas voir !
On se refait une petite ballade a velo tous les 4 avant de bien profiter de la vie a Carlos Caseres, un village de Pampa tout a fait ordinaire et par consequent sans interet. On prend un pot dans un bar, on change de bar pour dejeuner un bife de lomo (gros steack tres tendre) et on discute tranquilement... c est si bon de se laisser vivre !
Apres ce bon moment, nous avons encore eu droit a une interview a la con mais ce coup ci, JB et Laure sont de la partie : on se lache de folie et on raconte toutes sortes de conneries... 
17h : nos amis reprennent le car direction Buenos aires. Je suis vraiment hyper content d avoir vu mes ptits amis chercheurs ! D autant plus qu ils se sont tape 12h de car aller-retour pour se retrouver paumes dans la pampa a dormir dans une tente... si ca c pas des potes !
A peine leur a t on dit au revoir que de nouveaux journalistes se ruent sur nous... ca devient lassant mais on se prete au jeu de bon coeur.
On repart pour une trentaine de bornes jusqu a San Bernardo. On y trouvera refuge chez LE flic du village : un mec pas trp stresse qui se ballade en tongues et en short. 2 gamins bien sympa nous tiennent compagnie pendant le diner et on a meme droit au match de foot Boca Junior-River Plate (l equivalent de notre PSG-Marseille)... 1-0 pour River... nos hotes iront se coucher bougons, ils supportent la Boca...



Dimanche 25 janvier 2004 (J+106)  (Romain)
77 km   Total : 5340 km
Depart : San Bernardo de Pehuajo   Arrivee : Juan Jose Paso
Beau Temps

Lessive


Le but de la journee est de faire une lessive. Nous nous arretons donc a Pehuajo vers l'heure du dejeuner pour trouver une laverie automatique. Nous en trouverons une non-automatique mais ouverte ! Ils acceptent de se lancer dans une operation de sauvetage de nos vetements, pour une somme modique. Pendant ce temps la nous prenons un sandwich dans une station service (seul truc ouvert un dimanche). En retournant prendre nos affaires, nous rencontrons un mec qui veut nous presente au periodisto du coin pour une interview. En faisant mine de ne pas trop comprendre nous parvenons a y echapper !! (c'est ca etre une star).
Nous repartons ensuite pour 40 km dans la Pampa ! un vrai bonheur. Notre distraction sera de nous filmer sur nos becannes...
Nous nous arretons a JJ Paso pour la nuit. Dans le magasin ou nous prenons nos provisions (avec notre desormais incontournable apero) on nous conseille de demander a la station service pour la nuit. Nous y sommes super bien acceuillis : douche, chambres avec lits...le panard quoi. Le seul probleme est que l'evacuation d'eau ne fonctionne pas super et embaume toute la piece. De plus, il fait environ 40 degres dans la chambre !! Cela dit, la quilmes aidant, nous sommes tout de meme ravis !


Lundi 26 janvier 2004 (J+107)  (Vincent)
Depart : Juan Jose Paso   Arrivee : Catrilo
137 km !!!!!!!   Total : 5477 km


"Record du monde" 


Reveil des meilleurs puisque notre hote "abuela Lala" ("grand mere Lala") nous a prepare un giga ptit dej : cafe au lait et croissants... mmmmmmmmmhh !
Elle a egalement appele son pote le journaliste du coin : il arrive comme tous les autres en short et en tongues pour nous poser qques questions avec son dictaphone... avec toutes ces interviews, on commence a connaitre toutes nos reponses par coeur !
Apres ce nouveau grand moment, c est reparti pour la pampa ! A noter qu aujourd hui on croise beaucoup de lagunes sur lesquelles sont niches de nombreux zoziaux : on a meme droit a un impressionnant envol de belges ayant pris des coups de soleil (les flamands roses) ! Waouh !
Nous dejeunons a Trenque Lauquen apres 47 bornes sans emcore se douter que la journee restera dans les annales... on commande 2 bife de chorizo... on nous en sert 3 : cadeau de la maison pour les grands aventuriers que nous sommes... sympa !
Apres le dej, on enchaine 30 bornes a fond la caisse (en 1h05 alors qu il n y a pas de vent !)... on est cuit ! On se repose un peu a l ombre puis c est reparti... c est en arrivant a 103 km a 18h qu on decide de faire peter le record : on part pour les 32 km qui nous separent de Catrilo, le prochain village.
Finalement, avec les detours dans le village, ca nous fera un total de 137 ! La classe !
Apres avoir discute avec el senor Buenavista, l intendant de la mairie, on plantera la tente dans le parc municipal. Des gamins en colo y dorment egalement. Ils nous invitent a diner avec eux un bon Guiso, plat argentin a base de pates et de carottes, le tout accompagne d un epi de mais, tres bon et tres nourrissant !
On a meme le droit a un nouveau moment de celebrite : a la demande des monos de la colo, on fait un tour a la radio du village pour une interview, en direct !!! Les gamins nous ecoutent depuis le parc, tres impressionnes...
On reste un peu pour les quelques jeux et sketches prepares pour les gamins puis on va se coucher, encore tout fiers de notre bel exploit !

 

 

 

Mardi 27 janvier 2004 (J+108) (Romain)
51 km   Total : 5528 km
Départ : Catrilo   Arrivée : Irugu


Bon anniversaire François

Ce matin, je me reveille incroyablement tot (9h00) tandis que Vincent continue a roupiller jusqu'a ce que je lui demonte la tente dessus...
Nous enchainons ensuite sur un long et cher cyber puis une mauvaise Milanese. L'apres midi nous ne savons pas pourquoi (la chaleur, les 137 bornes d'hier, le dejeuner degueulasse ou la savarine) mais nous ne sommes pas en forme et nous nous trainons.
Nous parvenons a accomplir 51 km jusqu'a Irugu. Avec un tel nombre de kilometres, impossible d'echapper a l'apero (a la biere, ils n'ont pas d'anis ici) que nous ne partagerons pas avec nos hote du comissariat, en service.
Pour la nuit, ils nous proposent une cellule mais nous preferons le garage, c'est plus sur.



Mercredi 28 janvier 2004 (J+109) (Vincent)
54 km   Total : 5582 km
Départ : Iburu   Arrivée : Santa Rosa


La rage !



Depart de chez les flics, ptit dej et depart vers Santa Rosa ou nous devons faire notre troisieme et derniere injection de vaccin contre la rage.
Au bout de 20km, c est LA surprise : une côte !! Trop bien ! En plus, les paysages sont de + en + varies : meme des forets ! Waouh !
L arrivee dans Santa Rosa est assez deconcertante. Adieu les champs deserts, les vaches et les zoziaux. Place au Jockey Club, au golf, aux hotels 4 etoiles et au Casino... le luxe !
Pour nous fondre dans cet univers etincelant, nous dejeunons "une hamburguesa completa" c est a dire une enorme hamburger maison ... a une buvette au bord de la route...
Une fois repus, nous nous lancons a la recherche du vaccin tant convoite
- 1ere etape : les pharmacies. Aucune n a le vaccin.
- 2eme etape : le center de vaccination... toujours rien... on repart, le numero de tel de l institut Pasteur de Buenos Aires en poche.
- 3 eme etape : 3 heures a se galerer dans un "locutorio" a appeler tous les hopitaux du pays pour a chaque fois se faire rembarrer avec a la clef un nouveau numero a appeler...
Apres cette belle galere - surtout geree par le courageux Romain - on finit par apprendre que le vaccin le plus proche se trouve a Cordoba, soit 750 km de Santa Rosa. Pas le choix, nous prendrons le bus de nuit pour Cordoba et reprendrons le bus demain pour rejoindre Olivier (mon grand broz) a Rio Cuarto.
23h : nous essayons vainement de nous endormir dans le bus devant un film pas terrible en anglais inaudible sous-titré espagnol.


Jeudi 29 janvier 2004 (J+110) (Romain)
15 km   Total : 5597 km
Départ : Cordoba   Arrivée : Rio Cuarto

L'invité


Apres une nuit + que moyenne dans le bus, nous arrivons a l'aube a Cordoba. nous ne sommes pas encore tout a fait reveilles pour les preparatifs. 
Apres de bonne recherche dans les hopitaux de la ville nous trouvons le centre antirabique dans le coin chaud de la ville, a cote d'un foyer de reinsertion. il ne fait decidement pas bopn avoir la rage dans ce pays. Bonne nouvelle, le vaccin est rapide et gratuit; mauvaise nouvelle; il est dans le bide et il fait mal...
Nous enchainons la matinee pour flaner en connaisseurs devant les magasin de velos puis nous retrouvons a la place centrale de la ville pour looser et manger.
A 15h, nous reprennons le bus pour Rio Cuarto, c'est l'qccasion de demonter une nouvelle fois nos velo. Le bus est un moyen de tranport comode en argentine et on y trouve de grande gare de bus. C'est plus confortable et plus rapide que le velo (de peu !).
Pour la soiree, nous attendons l'arrive du heros : Olivier, le frere de Francois qui vient nous rejoindre pour deux semaines. Nous lui preparons notre tente dans le camping du coin avant de plonger dans la piscine, 10 mn avant sa fermeture a deux dans 50 * 25 m d'eau !!
Nous enchainons sur le dinner et la reouverture du dossier "indemnisation des objets voles".
Le champoin arrive a 23h00. Apres 37h00 de voyage et avec 4h00 de decalage horaire, il frais comme un gardon...



Vendredi 30 janvier (Olivier)
Rio Cuarto-Achirras - 75km (total : 5672 km)

1ere journee avec les galeriens !

Arrivé à 23 heures hier, il s´agit aujourd,hui de ma 1ère journée avec Vincent et Romain. Prêt à attaquer les difficultés, je me réveille à une heure tout à fait décente, alors qu,il fait jour depuis déjà deux heures... Et la 1ère réaction de Romain est celle d'un gars alerte et prêt à attaquer cette nouvelle journée de ce fabuleux périple :"P..., 8 heures !?!, mais on est jañais levés à cette heure là !...". La matinée est ensuite rythmée par les préparatifs qui sávèrent longs, environ 2 heures, mais nécessaires, Vincent et Romqin m'expliquant qu'il convient que je profite de la douche de ce matin... car la prochaine n'est pas prête d'arriver. Finalement, la 1ère journée de 
vélo, ou plutôt demi-journée, demarre a 14 heures (sur le conseil de Vincent, j'abandonne les accents...) puisque nous prenons prealablement le temps d'aller dejeuner une Milanesa a la Napoletana, une specialite argentine qui melange toutes les appellations italiennes... et c'est plutot pas maL. bREF, NOUS VOILA PARTIS ! L'aventure demarre pour moi avec beaucoup de bonheur. La traversee de ces grands espaces me permet egalement de repenser a ma 1ere journee passee a mediter dans le bus entre Buenos Aires et Rio Cuarto, traversee de 8 heures au coeur de la Pampa humeda... et rOMAIN DE ME LANCER : "t'inquiete pas, en velo, tu vas pouvoir mediter aussi...!". Bref, je sais que je suis parti pour me faire doucement chambrer par la jeunesse de France pendant 2 semaines, surtout en voyant ma difficulte a passer les 1ers faux plats... Mais bon, comme ils me le disent, et c'est alors plutot flatteur : "le sang ne peut pas passer partout, de la tete aux jambes"... dans 15 jours, il ne passera malheureusement plus que dans mes jambes. Je decouvre egalement le bonheur des petites pauses bien meritees... toutes les 1/2 heures, la bataille alimentaire perpetuelle pour un partage au plus egal des victuailles... mais je passe surtout une journee magnifique a travers la fin de la Pampa et des 1ers reliefs menant a Achirras. Au chapitre fun, on retiendra les pompes de Tom Magum Selleck (nouveau surnom de Vincent) filmees en direct pour la poserite ainsi qu'une 1ere soiree royale passee dans une dependance du musee de Achirras, en droit ou nous avons elu domicile grace a un gars adorable, Fabian. 1ere soiree donc, 1ere (grosse) platree de pates car 75km, c'est beaucoup pour un vieux de 30 berges. Je méndors neanmoins comme un bebe, simplement reveille a 1 heure du mat´ par le deluge qui tombe dehors et inonde notre petite chambre, transformee en pataugoire. Nous voila partis pour eponger en plein coeur de la nuit... Et dire que ce n'etait que le 1er jour... 


Samedi (sabado) 31 janvier 2004 (J+112) (Vincent)
36 km   Total : 5708 km
Départ : Achiras   Arrivée : Villa del Carmen

Le sabado, c est asado !


Effectivement le joyeux remue menage provoque par la pluie continue toute la matinee : il pleut de folie si bien que nous sommes cloitres dans notre "chambre".
NOus sommes malgre tout obliges de braver les intemperies pour aller aux toilettes situes de l autre cote de la cour, recouverte de 10 cm d eau. Aisni, pour ne pas mouiller ses vetements, Olivier a vaillament traverse la cour en tenue d Adam pour aller chercher le ptit dej dams la remorque de Roro : sequence video de l annee a la clef !
Bref, on passe la matinee a virer la flotte de la chambre avec une raclette et a faire une partie de cartes : le "whist"... on s occupe comme on peut...
On dejeune une bonne milaneseau village avant de partir, profitant de l accalmie... il est + de 16 h !
Nous atteindrons Villa del Carmen a 19h30. On passe a la police devant laquelle stationne un bolide : une R12 1ere generation avec girophares bleus... que lindo !
On demande alors "un techo por la noche". Le flic est sympa, nous trouve une maison abandonnee et nous invite a prendre la mate. On discute, on discute, on parle de bouffe... et de fil en aiguille il nous propose de se faire un "asado" (barbecue) ce soir au commissariat. On va enfin connaitre ce dont les argentins nous parlent depuis notre arrivee. L asado est une veritable fierte du pays : ici on ne rigole pas avec la viande !
Nous finirons chacun avec + de 400g de steack et un chorizo entier... avec pour seul accompagnement une 1/2 tomate... que bueno ! Merci m sieur le policier !
Apres ce festin, nous nopus rendons a notre squat. Il abrite un nid d insectes : "sans doute ces fameuses abeilles tueuses argentines !", hurle Olivier, effraye.
Du coup, pour lui faire plaisir, nous decidons de lever le camp. Nous retournons voir notre gentil policier qui nous trouve finalement 1 garage 15 fois + confortable que le squat. On fait un nouveau whist que je masterize encore une fois... la nuit va etre bonne !


Dimanche 1 fevrier 2004 (J+113)  (Romain)
70 km   Total : 5778
Départ : villa del carmen   Arrivée : Los Molles
Temps nuageux

Avis au amateurs


Nous nous levons vaillament ce matin sur les coups de 10h00 apres une pause pipi symchro a 4h00 du mat.
Ce matin, Olivier (alias papi) est tout a fait a l'aise sur la route et nous suit sans difficultes. Plus aucunes douleurs et un grand sourire. C'est un voyage somme toute facile et accessible a tout le monde (avis au amateurs, il y a 4 places dans la tente)
Pour le dejeuner, nous nous posons dans un resto de Papagayos ! C'est l'occasion de s'empifrer de cotellette de vache. Nous prenons ensuite pour la digestion un mate prepare nous meme. C'est l'ocasion de s'apercevoir que c'estr evident a preparer. En bourrinant le sucre, ca passe.
Sur les coups de 18h00, nous bifurquons pour retrouver un balnerio : sorte de plage de riviere assez touristique. Il est a 3km de cote mais le bain est tres agreable.
Il est ensuite temps de trouver notre logement de la nuit. Nous planterons finalement la tente dans le jardin de la sympathique famille qui tient de minimercadito (le mini petitmarche). C'est l'occasion de recolter deux dessins d'enfant. Les premiers en argentine !! Il est en effet pas evident d'en rencontrer ici puisqu'ils sont pour la plupart en vacances.
Nous nous coucherons ce soir qu'apres l'enchainement maintenant traditionnel : apero, pates et wist.



Lundi 2 fevrier - Los Molles- Santa Rosa de a Sierra (29km)  (Olivier)
Total : 5817 km


Vamos a la lluvia, oh oh oh oh !


Ce matin, le reveil est "muy dificil", il pleut a grosses gouttes dehors et nous n'avons pa trop envie de sortir pour etre trempes en 2 minutes ! Alors que je parle de tous ceux qui m'imaginent et envient ma decouverte des grandes plaines et sierras argentines, je me retrouve cloitre dans une tente de 3m2 a l'aire interieur rendu irrespirable par les petits soucis "gaz"triques de Romain !
Nous attquons donc la journee par... une partie de whist, vous savez ce jeu qui se joue avec 30 vartes quand on est 3 et ou Vincent gagne toujours a la fin... Toujours est-il que la pluie ne cessant pas, nous prenons finalement la decision de mettre le nez dehos a 12h30... Apres quelques sandwiches au pain rapidement avales (ce sont des sandwiches ou on met le pain a línterieur de la tranche de jambon... quand y rest plus de pain...), nous quittons nos hotes habilles tels des spationautes a l'assaut de Mars (JC, depeche toi d'y aller si tu veux toujours ètre le 1er...). Vincent experimente meme de nouvelles montes revolutionnaires "pour qund il pleut" : chaussttes, tongues et protege chaussures... bref, ca marche pas trop.
2km apres etre partis, et alors que nous mudissons ce temps a pa mettre un cycliste dehors, la pluie cesse pour notre plus grqnde joie. Nous voila donc partis sous des cieux plus clements en direction de Merlo, pour admirer el Mirador del Sol situe a 1470m d'altitude. Nous decidons cependant de ne pas entamer son ascension car le temps reste couvert et, avant d'escalader 11km de col, nous attendions détre surs que le ciel soit degage pour pouvoir admirer la vallee une fois arrives au sommet. Decus par des previsions pessimistes pour demain (enfin, mes mollets pas trop...), nous poursuivons donc notre chemin vers Santa Rosa numero 2 ( Santa Rosa en la Sierra apres Santa Rosa de la Pampa) et nous nous arretons finalement pour la nuit 17km plus loin, au sein d´un club equestre ou des autochtones tres sympas nous accueillent chaleureusement et nous offrent un hangar couvert et ouvert "para la noche" (si, si, progresso en español !). Au moment ou nous nous installons, ils nous proposent de partager un asado (barbecue argentin pour ceux qui suivent)... on va encore kiffer de la bonne viande !... nos espoirs etant finalenement decus car nos hotes nous abandonnent finalement rapidement.
Pour ma part, la journee s'est a nouveau bien passee et mon rythme est desormais similaire a celui de mes 2 comperes (ils sont sympas, ils me disent ça pour que Papi ne se demoralise pas...): En tous les cas, cela vaudrait mieux car, apres une journee ralentie par un temps peu clement, demain c'est sur, on roulera fort ! 



Mardi 3 fevrier 2004 (J+115) (Vincent)
79 km   Total : 5886 km
Depart : Santa Rosa 2   Arrivee : 10km de Quines

Caminos de tierra 


La nuit a encore une fois ete bien arrosee, provoquant quelques reveils intempestifs a cause des gouttes tombant du toit... directement sur notre tete.
Malgre tout, nous nous reveillons tot et des 9h30, nous sommes en route pour aller nous laver dans le bañario municipal !
Le bañario est ici beaucoup plus grand que celui de l autre jour. On peut meme nager ! Ouais ! Pour se laver, on preferera la douche, non loin de la... l eau du bañario n est pas des plus limpides...
Apres ce moment de glandouille bien agreable, on dejeune tranquillement avant de reprendre la route. Pour aller a Quines, 2 options s offrent a nous :
- 100 bornes de bitume 
ou
- 70 de chemins de terre (caminos de tierra), avec juste une ferme tous les 10 km.
Apres tergiversations, nous choisirons la seconde option : ce sera le bizutage de "papi".
Le chemin est au depart assez agreable mais devient assez vite cauchemardesque : on descend sur des routes de cailloux enormes... on en a plein le dos et plein les bras !
Par la suite, rien ne s arrange : on s enfonce dans la terre, Roro se gauffre alors qu il admirait les beaux paysages (on ne peut pas trop regarder mais c est superbe : montagnes et forets)...
Bref, c est super crevant ! Pourtant, Olivier qui il y a deux jours encore peinait sur son grand velo, file desormais a toute allure et fait une bonne partie du trajet en tete : bravo le frangin, je suis fier de toi ! Il aura meme droit a sa petite frayeur en frolant un gros serpent qui traversait la route.
Nous abregerons nos souffrances en rejoignant la route plus tot que prevu. Il est 19h20, nous ne pourrons pas rejoindre Quines encore a 25 km.
Nous pedalerons encore 15 km avant de trouver un abri dans un abri de 5 metres carres, a proximite d un bordel. 
Nous mettrons bien deux heures a faire chauffer les pates : a cause du vent violent et malgre tous les pare-vent possibles, le rechaud s eteindra 3 fois !
Luis, un tres sympathique et tres drole paysan argentin, passe la soiree avec nous. C est l occasion de parler avec lui de "chicas", de sport, de guerre, de la situation economique argentine... et des sondes envoyees par les "Yankees" sur Mars ! Une tres bonnes soiree.
Enfin, nous nous endormons dans notre cage a lapins, bien a l abri du vent.


Mercredi 4 fevrier 2004 (J+116)  (Romain)
60 km  Total : 5946 km
Depart : 10 km de Quines   Arrivee : Nowhere


Ce matin, nous partons vite because pas de petit dej. nous laissons sous le vent notre petite cabane au fond du jardin et affrontons face au vent les 10 km jusqu'a Quines.
Sur place nous enchainons petit dej - cyber - dej. C'est l'accasion de voir que Federer a gagne l'open d'australie et de manger un premier bife de lomo pour olivier.
Nous partons finalement de Quines a 14h00 pour bourriner 20 bornes toujours face au vent. "On a bombarde les mecs !!" nous dira Olivier, encore essoufle devant son litre de coca a la pause.
Apres la pause, le vent s'etant calme, nous en profitons pour faire une petit sequence video embarquee sur les velos. Les conditions sont parfaites, la route est deserte. Vraiment deserte d'ailleurs...Au bout des 20 bornes precisees par la carte, nous cherchons le village indique, mais derriere le panneau indicateur nous ne trouvons qu'une ferme !. "Mais alors tous les villages qui suivent sur la carte sont des fermes en fait !" s'exclame Vincent. Nous en avons un instant apres la confirmation par un chauffeur qui passait par la : nous nous sommes embarque dans 200 kilometres de desert !!
Pour ne rien arranger, les indigenes ne sont pas tres acceuillants, dans la ferme qui fait office de village les gens se cachent quand on les appelle et les chiens veillent a ce qu'on ne rentre pas derriere les barbeles... A bord, nous avons : 1 kilo de pates, deux boites de sauce tomate, 3 sachets de fromage rape, 12 pains au lait, un reste de pot de dulce de leche (= caramel) et 1 boite de peches en conserve. Autant dire quasiment rien comparativement au 200 bornes qui nous attendent...L'instant est grave.
A force de crier, on finit par lasser les habitants de la ferme : Papi et Mamie restent a 50 m de nous et le gamin vient bravement nous amener 2 litres d'eau...
Nous decidons alors de bouffer 500g de pates, de planter la tente derriere les barbeles pour tenter de "passer" demain.
A 20 bornes d'une ville sur une route goudronnee, nous avons l'impression d'etre au milieu du desert. Tels des nomades, nous nous lancons dans l'inconnu en comptant sur un ravitaillement hypothetique dans les prochaines fermes villages...
C'est le retour de Lawrence d'Arabie !



Jeudi 5 fevrier (Olivier)
El Baldecito - Sierras de las Quijadas
105 km

La traversee du desert !... et plus de 100km !... Ouf ! 


Ce matin, l'heure est grave. Nous avons seulement compris hier soir que le prochain point de ravitaillement en eau et nourriture se trouve a 20 km... s'il existe... les explications des locaux etant particulierement peu claires a ce sujet.
Au bout de 20 km... pas de ravitaillement possible... et le prochain village clairement indique sur notre route est Encon, situe a encore 140km. Nos ressources sont clairement insuffisantes pour un tel periple et nous choisissont donc de nous rationner pour economiser nos 6 petits pains, 1 boite de peches en conserve, 500g de pates,une boite de pate et un paquet de crackers. Heureusement, nous avons suffisamment d'eau... mais le "biffe de lomo" d'hier nous semble bien loin...
Nous enchainons 2 relais successifs de 20 km en formation groupee type TPV -"Train Petite Vitesse" selon Romain...- passant chacun notre tour en tête tous les 2km. Nous sommes tous les 3 ereintes apres ces 60 km et arretons meme des voitures pour demander aux occupants de nous vendre de la nourriture. Nous recuperons un paquet de gateaux mais surtout de precieuses indications sur un village situe, semble-t-il a 15 km de la, apres une deviation de 3 km de notre route principale.
Le "miracle" se produit : bien que mal indique sur notre carte, nous atterrissons effectivement dans un hameau constitue de 3 fermes au plus, dont une fait office de bar-epicerie. Le pate type Olida que nous achetons nous semble même bon... bien qu'un chien affame refuse de le finir... Apres quelques litres de Coca, nous entamons une discussion avec les quelques clients presents dans ce bar surrealiste ouvert aux quatres vents ou coqs, chiens et canards se baladent. Nous cherchons meme a comprendre le "mec bourré" en espagnol, mais certains de nos interlocuteurs sont trop alcoolises pour que nous y parvenions. Le chomage fait des ravages dans la region malgre les plans gouvernementaux mis en place... et il est triste de voir ces Argentins venir depenser leurs quelques pesos en biere.
Apres 2 heures de break et une nouvelle partie de whist gagnee par Vincent, nous decidons de reprendre la route initialement prevue vers le parc national de Las Sierras de Las Quijadas... que nous atteignons 45 km plus tard. Pour la 1ere fois, je franchis le cap des 100km a velo (105km!) apres une journee bien difficile pour les machines comme pour les organismes. L'endroit est absolument magnifique - une sorte de Grand Canyon - et nous trouvons a nous loger dans un camping gratuit au sein meme du parc. 
Nous y passons la soiree a echanger avec 3 jeunes Argentines qui parlent meme anglais (ah ! Enfin des gens qui peuvent me comprendre !). Nous apprenons que le fossile d'une araignee geante de 40cm de diametre vieux de 350 millions d'annees vu hier est tres celebre... alors que son original etait simplement expose dans un petit negocio de Santa Rosa ou nous sommes entres par hasard faire nos courses. Bref, la journee s'acheve bien mieux qu'elle n'avait demarree.




Samedi 6 fevrier 2004 (J+118)  (Vincent)
Depart : Parc National de Las Quijadas   Arrivee : Punta del Medano
63 km   Total : 6114 km

Sur les traces de Denver



Au programme de la matinee, une visite pedestre de 2h30 au coeur du parc national de Las Quijadas. Le reveil dans la tente est l occasion de s apercevoir qu une bonne douche ne nous ferait pas de mal... notre propre odeur devient difficilement supportable. Malheureusement,pas d eau courante au parc...notre douche attendra. On se prepare donc avec nos beaux vetements : Roro et moi realisons au passage qu Olivier est avec nous depuis une semaine... et que nous n avons pas change de T-shirt depuis son arrivee !

Apres un mate (pas terrible cette fois ci car sans sucre) offert par nos 3 voisines de camping,nous rejoignons notre guide pour la randonnee. Nous sommes les seuls a faire la randonnee a cette heure ci ! Pour nous, c est royal ! Pour le guide, sans doute un peu moins : oblige de se lever pour accompagner 3 gugus qui ne parlent pas (ou si peu) sa langue.

L endroit est superbe, on se croirait dans le Grand Canyon : on se ballade donc au coeur des roches ocres et des cactus... un peu plus et on se prenait pour Clint Eastwood. La ballade est tres sympa et, pour la 1ere fois depuis le debut du voyage, Romain a l occasion de toucher des "chicas"... ces arbustes qui ne poussent que dans 3 regions d Argentine...

On y decouvre egalement des fossiles : de racines, de lombrics (pas tres impressionnants) mais surtout de traces de dinosaures ! Selon les calculs d Olivier, le specimen en question chaussait du 42...

On apprend egalement la signification ainsi que l origine du nom du parc national "Las Quijadas". Les "quijadas" sont apparemment les joues (ou machoires,ou gencives... on n a pas bien compris). Ce nom a ete donne a la montagne car il y a 200 ans s y abritaient des gauchos voleurs de vaches, ces gauchos etant particulierement friands des "quijadas" des vaches. Quelle histoire !

Tres vite apres cet intermede culturel, nos instincts primaires ont repris le dessus : a la graille ! Une fois nos affaires rangees et les 7 km de chemin de terre engloutis, nous avalons une savoureuse "milanese" avant de repartir direction Encon et la fin du desert.

Un serieux vent porteur fera nos affaires sur plus de 20 km. Nous nous arreterons finalement en camping sauvage a 40 km de notre eldorado. Notre campement est situe dans une marre assechee sur laquelle reposent encore des squelettes de poissons pris par la secheresse. Nous nous preparons a une vitesse surprenante et pour une fois le rechaud brule avec une extreme vivacite... si bien que nous pourrons deguster notre diner en plein jour... une premiere ! Avant de nous endormir, nous entamons dans la tente une derniere partie de whist, a la lueur d une bougie...


Samedi 7 fevrier 2004 (J+119)  (Romain)
43km   Total : 6157 km
Depart :   Arrivee : Encon

Glandouille a Encon (Bon Anniv Nine)


Aujourd'hui nous avons deux objectifs : rejoindre Encon a 40 km de route et nous laver. Il emane en effet de nous maintenant une odeur assez forte, c'est d'ailleur surement elle qui nous a reveille ce matin dans la tente. Elle nous motive a aller voir dehors le magnifique ciel bleu.
Comme prevu, le trajet est difficille, nous traversons encore le desert et ne sommes distraits que par les vaches, les chevaux, les chevres et les moutons qui semblent vivre ici en liberte...
Nous arrivons a Encon, premier village digne de ce nom apres 200 bornes de rien, a environ 13h00. Nous nous jetons alors sous le premier robinet trouve (a une station service) pour enfin nous laver sous les regards degoutes des locaux...
On enchaine ensuite sur un bon petit resto avant d'aller enfin explorer le village de Encon pour y trouver un cyber cafe. Peine perdue, dans ce petit village isole au milieu du desert de la pampa seca on ne connait le net que de nom ....
Loin d'etre decourages, nous profitons de l'occasion pour prendre une apres midi de repos. Nous avons sympathise avec le patron du resto qui nous offre son garage pour la nuit et nous passons donc l'aprem autour d'un coca, a lire, jouer aux cartes et dormir ! Vers la fin de la journee nous sortons de notre lethargie afin de faire les courses pour demain (ou nous attendent 100 bornes de desert), de diner et de preparer notre lit.
Nous nous couchons ensuite assez tot afin de pouvoir partir demain a la fraiche...



Dimanche 8 fevrier (Olivier)
Encon - Costa de Araujo
100km   Total : 6257 km


Au pays de Lomo ?


C'est decide, nous devons partir tres tot ce matin car 96 km nous separent du prochain village, Costa de Araujo, et un nouveau "desert" est au programme. 
Nous devions decoller a 7 heures et levons finalement le camp a 8h20. Nous parcourons royalement... 600m, et marquons une premiere pause cafe a la station service d'Encon. Bref, le vrai depart a finalement lieu a 9 heures. Apres 24 km parcourus en une heure, nous nous arretons a priori pour 20 minutes mais repartons seulement au bout de 1 ! Nous sommes en effet litteralement attaques par une horde de moustiques, abondants dans cette zone seche ou subsistent quelques mares. En quelques secondes, Vincent recense deja 8 piqures sur ses jambes (Romain, quatre ; moi, trois). Pique au vif - ca ne s'invente pas...-, Vincent part dans un raid echevele a plus de 27km de moyenne. Romain et moi suivons a distance. Nous le retrouvons finalement arrete 20km plus loin habille de son pantalon senegalais pour se proteger - sa petite peau sensible semblant bien interesser les mamans moustiques...
Il n'est pas 11 heures et nous avons deja parcouru 45 km. Apres avoir fait une longue pause lecture respectivement de ken Follett, Oscar Wilde et Stefan Zweig - il n'y a pas l'Equipe en Argentine...- puis avale du pate et du thon, nous repartons en direction de Asuncion situe a 15km pour y deguster un biffe de lomo.
Pas de pot, un autochtone nous y indique qu'il faut encore faire 15km pour atteindre notre bonheur. Il est 13h30, nous sommes fatigues, avons deja fait 60km sous un soleil de plomb... mais decidons de continuer. Un biffe de Lomo, ca se merite !
Nous passons les 15km a chanter sur notre futur dejeuner qui sera devolu a l'engloutissement de cette merveille de biffe. Toutes les musiques y passent, et je vous joins ici un des refrains entonnes (air de... Candy...) :
Au pays de Lomo, 
Comme dans tous les pays,
On pedale, on mange, on rit,
Il y a des lomos, des asados.
Et pour passer les moments difficiles, 
Un biffe de lomo c'est plus facile,
Un peu de frites, de chorizo, c'est le pays de lomo.

Comme vous le constatez, la faim ne rend pas tellement creatif... mais c'est la notre quotidien : velo, lomo, dodo !

Nous finissons par nous arreter au bout de 80 km (nouveau record de kms parcourus avant le dejeuner !) a 14h30. Au menu... pas de biffe de lomo !... nous nous consolons avec des sandwichs... et repartons seulement vers 17h. Les 20 derniers kms sont difficiles, surtout avec le vent de face. Malheureusement, Costa de Araujo n'a pas non plus d'acces Internet... nous nous connecterons demain de Lavalle.

2 commercants nous indiquent de nous rendre au centre sportif communal ou un grand hangar, servant accessoirement de salle de sport (!?) nous servira de toit pour la nuit.

 

 

 

Lundi 9 fevrier 2004 (J+121) (Vincent)
Costa de Araujo - Lavalle
25 km Total : 6282 km


Telegramme


Reveil - 15 bornes tranquilles - condors passent au dessus de nos tetes - tres impressionnant - c est beau ! - cyber avant dej - dej au resto au milieu des mouches - tentative de baignade - piscine municipale vide - dommage ! - lecture a l ombre - dodo a l ombre - re-cyber - courses - diner dans parc municipal - une 1ere : dodo sous moustiquaire, tenue pour des bouteilles de coca - une vraie petite maison... a refaire !



Mardi 10 fevrier 2004 (J+122)  (Romain)
40 km   Total : 6322 km
Depart : Lavalle   Arrivee : Mendoza

Arrivee a Mendo


Reveil en douceur ce matin, sans se presser. Nous prenons un bonne douche et rangeons tranquillement nos affaires. Nous avons aujourd'hui 20 bornes a faire pour rejoindre Mendoza.
Comme a chaque fois, l'arrivee vers une grande ville, au milieu de la circulation est pesante. Comme a chaque fois, le centre de la ville est beaucoup plus loin que prevu. Nous faisons ce matin 35 km (sans se presser, en 2h30) avant de nous poser dans un resto du centre. Nous sommes tellement bien sur notre terrasse de cafe que nous prolongeons le dejeuner par une partie de carte et partons a la recherche d'un logement que sur les coups de 5h00.
Apres la fausse joie d'un hotel avec piscine bon marche (finalement complet), nous trouvons notre bonheur dans une pension qui nous offre en plus de la chambre un acces a une cuisine. Apres l'achat du billet d'avion retour d'olivier, nous filons nous installer puis faire les courses au carrefour (!!!) du coin. Apres le desert, c'est un veritable retour a la civilation. 
Nous mangerons notre poulet et notre kilo et demi de tomate (exessivement pour marche ici) en compagnie d'un allemand. Ces derniers semblent tres nombreux a Mendoza et plus particulirement dans notre pension. Pour une fois Olivier peut participer a la discussion (en anglais) et il s'en donne a coeur joie. Avec Dominic (c'est le nom de l'allemand), ils redefinnissent les bases de l'economie mondiale, la politique exterieure des etats-unis avant de refaire l'histoire des relations franco-allemande. Tout ca prend du temps et nous ne sommes donc pas couche avant 1h00 du mat'.





Mercredi 11 fevrier (Olivier)
Mendoza - 0 km

A last day in paradise...



Ce matin, nous redecouvrons le grand luxe de se reveiller dans un lit d'une chambre d'hotel, malgre son confort minimaliste... a 14 pesos/personne/nuit.

Au programme, pas de velo mais simplement une bonne journee de repos pour nous tous... et une petite visite de la ville de Mendoza.

Apres etre passes par la sacro-sainte Plaza de la Independenzia, grande et carree comme toutes les places principales des pueblos argentins, nous nous dirigeons vers la basilique Saint Francois batie en 1875. A vrai dire, nous ne sommes pas tellement emballes par le cadre architectural de cette ville... il est vrai qu'elle a ete presque entierement detruite par un tremblement de terre en 1861, ce qui laisse peu de place aux vestiges du passe.
Notre journee sera donc plutot rythmee par du shopping, de l'internet et, comme de bien entendu, du lomo !
Au rayon shopping, il est incroyable de constater comme cette ville regorge de magasins a vocation sportive. Nous en profitons pour faire quelques emplettes : chaussures pour Vincent, articles de tennis pour moi, bandeau Jamaïque pour Romain (a decouvrir prochainement en photo sur le site)...
Pour la partie alimentaire, nous replongeons dans notre bien-aime "bife de lomo", que nous achetons chez Carrefour (a quoi bon aller a celui de Montesson quand on en a un tout pret a ... Mendoza ?) et le preparons au grill le soir meme. La soiree, qui sera ma derniere, sera accompagnee d´un super p'tit rouge de Mendoza, dont la region constitue la 1ere region viticole du pays.
La soiree se passe calmement. Il est 1 heure du matin, je me prepare a passer ma derniere nuit en compagnie de ces 2 sacres petits bonhommes... a la fois sacrement courageux et chanceux de vivre une telle aventure. Pour ma part, la fantastique parenthese vecue en leur compagnie se referme deja (snif!) et ne me laisse que des bonnes choses ! C'est bien parce que la vie regorge de moments aussi intenses qu'elle vaut 0bien d'etre vecue ! Suerte y salud a vous les petits gars...






Jeudi 12 fevrier 2004 (J+123) (Vincent)
Mendoza - fabrique de ciment a 30 km de Villavicencio
45 km   Total : 6367 km


Papy s'en va


Aujourd hui est un jour difficile puisqu Olivier, qui a partage nos joies et galeres, nos peines et bonheurs pendant 2 belles semaines, s en va ! On avait fini par s habituer a avoir un gros ronfleur dans notre tente, toujours de bonne humeur et jamais avare de blagues douteuses... finie la belle vie, retour a notre dure realite a deux, sans "trou du c..." ni "whist" (pour les non-infornes, ce sont des jeux de cartes).

Apres 12 derniers km pour rejoindre l aeroport, le depart de Dede est emouvant. Il ous offre le cafe et nous promet de nous rejoindre pour la fin de l aventure... A tres vite le frangin !
Il est 12h05, c est depuis la route que nous voyons s envoler le fier bi-reacteur de la compagnie Aerolineas Argentinas.

Nous filons alors de nouveau a Mendoza pour chercher une carte detaillee (avec les altitudes) pour le passage de la Cordillere... sans succes. 

Sur le chemin, une enorme branche tombe sur la route, 20m devant nous... a 3 secondes pret, ca aurait pu etre la fin du voyage...

En fin d apes midi, nous traversons la banlieue chaude de Mendoza : "Aqui roban mucho !" nous disent les passants pour nous mettre en garde. Pour Roro, ces avertissements sont aussi utiles que les "attention eboulements" sur les routes de montagne... y a aps grand chose a faire quand ca arrive !

La route, vace a droite les plaines et a gauche la Cordillere, est deserte. Nous nous arretons finalement devant une usine de ciment, le seul batiment a plusieurs km a la ronde. Les sympathiques ouvriers nous trouverons une salle pour passer la nuit.
Roro a au passage perdu son beau bandeau de rasta tout neuf... cela lui vaudra un detour de 10 bornes pour le retrouver.


Vendredi 13 .... fevrier 2004 (J+124)  (Romain)
37 km   Total : 6404km
Depart : Fabrique de ciment    Arrivee : Bord de la route

La surprise


Notre tentative de lever tot est un echec ce matin, nous nous levons vers 9h30 ... Les preparatifs habituels boucles, nous partons a l'assaut des montagnes.
Celle ci nous nargue sur le gauche de la route pendant les premiers kilometres. Les premieres cotes ne sont pas trop mechantes mais nous devons deja passer les vitesses les plus faciles. Meme lorsque la route semble plate ou descendante nous nous trainons lamentablement. A l'heure qu'il est nous avons toujours pas compris pourquoi. Commencent ensuite les vraies difficultes : On a beau s'y attendre, ca reste tres dur. Les pauses se font nombreuses et longues. Nous n'arrivons a Villavicencio pour le dejeuner qu'a 14h00. Nous sommes deja a 1800 m d'altitude et c'est la que s'arrete le goudron. La route continue a monter un peu sur un chemin de terre avant de redescendre sur 50 km. Du moins, c'est ce que nous pensions. Le garde du parc naturel du coin, avec qui nous discutons pour connaitre les points d'eau nous apprend que le chemin de terre monte en fait a 3200 m !!
En nous installant dans le seul resto du coin (¡ un resto chic !) nous sommes crasseux et puants (normal) mais surtout abasourdis par la nouvelle. Il etait impossible de prevoir que la route montait autant, aucunes cartes ni aucun guide ne le laissait deviner. Hors de qustion de faire demi tour, nous nous engageons donc apres le dejeuner (non sans avoir achete un kilo de riz au resto) pour 1400 m de denivelle sur chemin de terre... Celui ci est tres pentu et tres difficile. Nous donnons toute notre energie pour avancer comme des tortues. A 18h30, sous le coup de la fatigue, nous nous arretons pour la journee, au premier point d'eau du chemin (auquel il n'y a d'ailleurs pas d'eau). Nous nous installons au bord de la route pour planter notre tente et cuisinner notre kilo de riz. Nous en mangerons assz peu avant de nous ecraser pour notre premiere nuit au dessus de 2000 !!



Dimanche 14 fevrier 2004 (J+125) (Vincent)
56km Total : 6460 km
Depart : Villavicencio (bord de la route) Arrivee : Uspallata


Comme dans un reve... 




Le reveil est rude : pour se donner la force de gravir les lacets qui s annoncent, nous avalons sans conviction quelques cuillerees de riz prepare la veille (et donc froid)...
Niveau meteo, ca semble etre en notre faveur : ciao les nuages, place au soleil et aux superbes panoramas.

Niveau velo, les hostilites demarrent tout de suite : on s etait arretes hier a 2100m d altitude, au milieu des lacets (ou plutot au quart) des lacets...
Mais la recompense arrivera tres vite : apres 3 petits km, nous nous installons a un "balcon" pour contempler toute la vallee ainsi que tous les lacets franchis jusque la.
Puis, c est reparti... il fait chaud, ca monte sec sur les lacets du chemin de terre... c est tres dur !

Le 1er point d eau, apres 10 km, est situe a quelques centaines de metres de la route : nous cheminons a travers un petit sentier avant de pouvoir enfin remplir nos bouteilles... a meme le ruisseau ! C est sans doute cette meme eau qu ils vendent a prix d or dans la vallee sous l appellation "eau de source de Villavicencio"...

Dejeuner : RAS a part la tres belle vue.

Apres le dej, ca monte toujours, et encore...et encore... l ascension finira-t-elle un jour ? Pour nous recompenser, la nature nous en met plein les yeux... des chevaux sauvages broutent au milieu des majestueuses montagnes, a pret de 3000m d altitude. La portion finale est plus sableuse, on s arrache comme des furieux jusqu a la voir enfin, la "Cruz de Paramillo", a 3200m !

Apres quelques instants d euphorie, on prend conscience de notre performance et on se demande ce qu on pourrait faire d aussi haut :
- chaque "pelerin" laisse un petit souvenir dans la niche abritant la croix. Nous nous sentons dans l obligation de laisser quelque chose, une sorte de message aux generations futures... notre belle boite de conserve coloree de salade de fruits fera l affaire.
- on ramasse des cailloux : Romain a promis a Masu de lui rapporter une pierre de l endroit le + haut ou on est alle...
- enfin, on profite de l altitude pour homologuer (video a l appui) le "Ah!...Ckyyyy" le plus haut du monde ! Pour ceux qui ne connaitraient pas, le "Ah!....Ckyyyy" est une sorte de cri de ralliement (le rallye des "Ah!...Ckyyyy") qui consiste a hurler un "Ah!" sec, suivi d'un "Ckyyyy" allonge...

Apres ce programme charge, nous allons enfin pouvoir entamer la descente tant attendue... Et c est la que ca devient magique ! Comme dans un reve, on se laisse porter au milieu des colossales montagnes de toutes les couleurs : vert, marron, jaune,bleu, ocre, rose, violet, rouge... le tout eclaire par un soleil resplendissant... ca parait ireel ! On a le sourire jusqu aux oreilles pendant toute la descente, on se marre comme des furieux, sans raison... juste parce que c est beau !

Vraiment inoubliable.

La soiree sera egalement parfaite : apres une tete piquee dans la piscine du camping d Uspallata, on fait dessiner les enfants de nos sympathiques voisins et on deguste en ville ce qui sera sans doute notre dernier "bife de lomo" argentin.

Nous nous endormons finalement la tete pleine de ces belles images, en esperant que les Andes nous en reservent encore beaucoup d autres.



Dimanche 15 fevrier 2004 (J+126)  (Romain)
55 km Total : 6515km
Depart : Uspallata Arrivee : Punta de vacas

Combien ?


Reveil une nouvelle fois plus tard que prevu ce matin. Nous continuons a discuter ce matin avec nos voisins de camping. En plus de nous offrir un cafe et des biscuits, ils nous apprennent qu'on est a 1200 m d'altitude. Compte tenu de la descente que nous avons fait hier, cela veut dire que nous sommes en fait jamais monte au dessus de 3000 ...
Nous partons sur la route sous un soleil radieu et des paysages magnifiques. La route est beaucoup moins passante et monte beaucoup moins que ce que l'on craignait. Elle suit la vallee du rio Mendoza. Toutes les conditions sont reunies pour aprecier les paysages et nous mitraillons avec la camera et l'appareil photo.
Pour le dejeuner, nous nous installons au bord de la route, pres d'une cascade de deux metres de haut dans laquelle nous nous baignons...
Apres le dejeuner, nous continuons notre route au milieu de cette magistrale vallee mais cette fois ci avec un fort vent de face. Le plus fort que nous n'ayons jamais eu. En descente, nous luttons sur les plus petits rapports pour avancer ! Nous ne parvenons plus a tenir notre direction et il devient raisonnable de faire un pause en attendant que ca se calme. C'est ce que nous faisons pendant une heure en lisant dans les rochers, a l'abri. Nous repartons ensuite (vers 17h00) alors que le vent s'est a peine calme. Alors que nous atteignons un petit village, nous voyons le panneau : "Altura 2400 m". Nous avons pourtant a peine monte. Cela veut dire que nous sommes bien alles a 3200 hier (c'est rassurant tout de meme) et que nous avons dormis une fois de plus au dessus de 2000 cette nuit !!
Apres un pause coca dans le village en question nous repartons pour un dernier tour avant la nuit, toujours face a un vent de furieux. Nous arrivons finalement a Punta de vacas pour la nuit. Nous prenons place tranquillement dans un refuge pour andinistes (et non pas alpinistes). Nous passons ce soir une nuit a 2500 m d'altitude. Alors que nous dinons, trois andinistes passent a cote du refuge. "vous avez vu le puma ? y'en avait un a l'instant juste ici" nous disent ils (en castellano bien sur mais j'ai traduit). Evidemment nous avons rien vu mais c'est bien dommage. Alors que nous nous couchons, grosse frayeur en entendant des bruits de pas autour du refuge, serait-ce le puma ? En fait, en sortant la lampe de poche nous nous apercevons que c'est juste une petite souris dans le refuge ... Pour plus de securite on monte qd meme la sous-tente (c'est pas qu'on aime pas les souris mais bon)





Mardi 16 fevrier 2004 (J+127) (Vincent)
Punta de Vacas (altitude : 2500m) - Las Cuevas (altitude : 3500m)
40 km Total : 6555 km


Encore un p'tit effort !


Soleil radieux, toujours vent de face mais encore des paysages de folie : la vallee du "Rio Mendoza" n a pas fini de nous emerveiller ! On voit les sommets enneiges du plus haut volcan du monde (6800m) et de l Aconcagua (6959m). Apres une pause dans une station de ski a 2600m d altitude - marquee par la rencontre d un andiniste (equivalent sud americain de nos alpinistes) Uruguayien qui revient de son periple en haut du mythique Aconcagua - on visite un pont de sel avec des bains naturels d eau chaude bouillonnante (encore splendide, cf photos a venir), on monte encore comme des furieux (vent vraiment violent) jusqu a la frontiere et le tunnel a Las Cuevas, a 3200m...
Mais on ne veut pas s arreter la : il y a l ancienne route qui monte encore en haut du col... on sait qu on ne pourra pas redescendre cote chilien (route en restauration) mais on decide de monter quand meme les 8 km .... Apres 4 km de montee furieuse sur un chemin de terre hyper pentu, on est cuits, les effets de l altitude commencent serieusement a se faire sentir...
Nous nous arretons finalement pour un camping sauvage inedit, a + de 3500m d altitude ! La vallee (pourtant a 3200m) nous parait minuscule ! On a l impression de jouer aux ptites voitures avec les gros camions d en bas.
Nous posons la tente (impossible de la planter) a l abri du vent entre des rochers. Nous effectuons tous nos gestes avec une infinie lenteur, soufflant comme des boeufs a chaque nouvel effort...
Pendant la nuit, je crois entendre une voiture s arretant pret de nos velos restes en contrebas. Fausse alerte mais cela m aura permis d admirer la fantastique nuit etoilee avec l ombre des montagnes en toile de fond... magique !
Je vais vite me recoucher pour me remettre de mes emotions de la journee...
Nous sommes pratiquement arrives au bout de nos peines... bientot le bonheur ultime... encore un p'tit effort !

 

 

Mardi 17 fevrier 2004 (J+128)  (Romain)
71 km    Total : 6626 km
Depart : Camping sauvage a 3500    Arrivee : Rio Blanco (CHILI !!!)

3914


Reveil tardif ce matin. L'altitude nous fatigue enormement et nous avons mal dormi (a cause de l'altitude sans doute) : A 2h30 du mat, vincent est sorti dehors en croyant qu'on nous volait les velos....
Les preparatifs du matin sont tres longs : un rien nous essouffle. Vers 12h00 nous sommes enfin prets pour continuer l'ascencion du mur ! Ca reste toujours tres difficile mais en roulant a 4 km/h et en faisant une pause toutes les 12 mn on arrive a avancer. Par moment la pente est telle que nous derapons et manquons de chutter. Au bout de 1h45 de calvaire pour 4 kilometres nous somnes enfin la haut : nous avons reussi. La haut se trouve une enorme statue du christ (el cristo redentor) quelques batiments, la frontiere avec le chili et la route qui y mene, malheureusement fermee... On peut se faire delivrer un diplome d'ascencion a 4200m. En effet, "historiquement et touristiquement parlant", nous sommes a 4200m. Au GPS, on est a 3874m, bienvenu en argentine, le pays de l'exageration. A pied, nous gravissons une quarantaine de metres, pour passer les 3900, et prenons queques cailloux souvenirs (Mazu, je l'ai !!). C'est aussi l'accasion de battre le record du plus haut "HA ...CKYY" du monde (3914m, sequence video a l'appui).
Nous redescendons ensuite de notre nuage (on etait vraiment trop tete en l'air), debouts sur les freins pour faire en 40 mn ce qu'on a fait plusieurs heures de luttes. En bas (3200m !!), nous mangeons un dernier morceau en argentine dans un resto qui offre un service douche (original mais bien pratique).
Il nous faut apres passer le tunnel pour aller au chili. Nous le faisons en camionette pour plus de securite. Une fois au chili, nous passons la frontiere (le linge sale de Vincent est inspecte avec mefiance mais finalement ca passe) et c'est parti pour la descente !! La route est geniale, avec un nombre de lacets tout a fait exceptionnel. Nous devalons tout ce que nous avons monte en trois jours (mais pas trop vite compte tenu du vent de face). On se croirait dans un jeu de rallye (je suis particulierement fier de l'exterieur que j'ai fait sur un camion citerne). Vers 20h00, on arrete le jeu et on se pose derriere un poste de police pour planter la tente tranquillement a l'abri du vent. La journee a ete enorme et nous sommes deja frustres de quitter les montagnes.

 

 

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