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MAROC

 

 

Samedi 22 novembre 2003 (J+42) (Vincent)
42 km total : 2705 km
temps nuageux ET pluvieux
Depart : 20 km de Algeziras (Espagne) Arrivee : Tanger (Maroc !)

 

On l'a échapé belle ! Les grondants et menaçants nuages noirs d'hier soir n'ont pas osé s'attaquer a notre tente radioactive campée sous les lignes haute tension. C est donc dans la bonne humeur que nous entamons la journee !
"Plus que 20 bornes avant l Afrique !" entonons-nous en coeur.
Mais le petit jeu commencé hier avec l autoroute en construction reprend de plus belle. Seules les regles ont un peu ete modifiées : sur cette portion, l autoroute est belle et bien terminée et c'est sur l'ancienne route (la voie de travaux de l'autoroute) que nous devons rouler...des détours a gogo, une route cabossée...les 20 bornes prévues en feront pratiquement 40 !
Il est 13h, nous touchons au but. Il faut se depecher si nous voulons etre a Tanger avant la nuit. Les billets sont vite achetes, la douane franchie en 4 secondes chrono et nous embarquons gaiement dans le 1er bateau, a 14h.
A l intérieur, nous sympathisons avec un camionneur français. Il nous fait remarquer qu'on a paumé 500 balles : il suffisait de mettre nos velos dans son camion vide... c'est balaud Mme Chombier !
La traversée s'effectue sans encombre mais nous appréhendons particulièrement l'arrivée à Tanger : à en croire le récit de Poussin et Tesson dans "on a roulé sur la Terre", le débarquement va être houleux, il s'agirait de rien se faire piquer.
Du coup, on enferme tout à clef dans les remorques, histoire d'avoir l'esprit tranquille.
Finalement, l'arrivée est assez tranquille... les seuls à nous enquiquiner un peu sont les douaniers ! Ils ont du mal a comprendre qu'on ne fasse pas partie d'une organisation de la plus haute importance, malgré nos 3 magnifiques K-Way "Yvelines 78" identiques...
Des la sortie du port, le contraste avec l'Europe est saisissant ! Les rues sont noires de monde : on croirait un remake quotidien de la victoire des Bleus en 98.
Les marocains qui nous accostent sont tout de suite tres amicaux : ils sont nombreux pour nous indiquer le chemin a leur boutique, au bureau de change ou a l'hotel... faut dire qu'on a du mal a passer inaperçus avec notre trois carioles futuristes dans le souk !
C'est pas tout ça mais il nous faut trouver un bel hotel pour cette nuit... le 1er depuis notre départ !
Tres vite, on pause les velos... impossible de circuler dans cet enorme remue menage... Roro part finalement seul a la recherche de l'hotel, Routard à la main.
Apres un copieux diner dans notre chambre grand luxe, nous reprenons un bain de foule dans les quartiers du Petit Socco et du Grand Socco de Tanger : tout les marocains ont enfin pu diner (nous sommes en période de ramadan) et les rues sont encore plus bondées que tout à l'heure : ça vend toutes sortes de babioles sans utilité, ça crie, ça bouscule, ça klaxonne... mais bizarrement ça me fait vachement plaisir d'être ici, au Maroc ! Vivement la suite !

 

 


Dimanche 23 Novembre 2003 (J+43)  (Fabrice)
47 Km   Total : 2752 Km
Temps nuageux avec de la pluie en abondance !
Départ : Tanger   Arrivée : Asilah

 

Le réveil à l'hotel sonne à 6h du mat (nous avons perdu encore 1h au Maroc et voulons donc la récupérer) mais comme il pleut, nous nous rendormons aussitot. Nous nous levons finalement vers 8h pour visiter un peu. La pluie par averses, personne dans les rues et une ville plutot moche auront raison de notre motivation ! Nous faisons donc les courses, ce qui est assez folklo car les Maroccains du Nord ne parlent pas beaucoup le français. Nous partons ensuite sur la route de Rabat. Nous voulons passer par Asilah pour aller à Fès, afin d'éviter le Maroc montagneux. La route est dangeureuse pour nous : camions et autocars qui vous frolent, voiture qui fait une marche-arrière sur la grand-route car elle a raté sa sortie, locaux qui montent en marche dans les bus, etc... Bref, nous sortons de Tanger sans regrets... ça fait 8 Km que nous sortons de Tanger (!) et toujours des maisons... Finalement, nous y arrivons et devons alors affronter la pluie et le vent froid de face. C'est pénible, très pénible ! Meme au Maroc, cette p... de pluie ne nous lache pas !! Le déjeuner est glauquissime meme si plutot bon en lui-meme, nous sommes transis de froid, boueux, nos vélos sont dans un étant pas possible et on n'avance pas. Bref, nous en avons déjà marre ! Finalement, à force d'effort et de force de caractère (il en fallait vraiment aujourd'hui, je vous jure !) nous atteignons Asilah où nous demandons à un local de nous preter un bout de champs. Le tente est solidement plantée : vent et pluie annoncés pour la nuit ! (le cauchemar continue...) Enfin, demain est un autre jour comme on dit...

 

 


Lundi 24 Novembre (J+44)  (Romain)
36.5 kms !!    Total : 2786 km
Depart : Asilah   Arrivee : Larache !


Temps tres mauvais : averse et fort vent de face

Ce matin, apres une bonne nuit, reveil a 6h30, la tente se tord dans tous les sens sous le vent et essuie les rafales de pluie. Difficille de se motiver dans ces conditions. Les preparatifs sont donc epiques, a rouler une tente detrempee qui s'envole et a bricoler le velo pour moi qui ait la roue arriere totalment voilee ...
Le petit se fera en ville a l'abris, tant pis pour les marocains en ramadan ! Avant de partir il faut en plus des preparatifs habituels filtrer de l'eau. He oui!, ici l'eau n'est plus bonne pour nous et il faut utiliser notre filtre magique qui donne une eau degueulasse mais potable !
Des le premier kilometre de la journee nous comprenons que ca va etre tres dur : un vent tres violent nous soufle en plein dessus, nous roulons a 10 km/h de moyenne ! Ce n'est pas le pire, lorsque nous tournons le vent devient un vent de cote qui nous empeche de tenir notre direction, ce qui est extremement dangeureux sur la route tres passante que nous traversons (les chauffeurs de bus marocains n'ont pas de pitie pour les velo, ils nous frolent a des vitesses incroyables, mais les pires reste les taximen dans leurs Mercedes des annees 70, doublant en haut d'une cote dans un virage en klaxonnant a tue tete). A chaque vehicule nous faisons donc un ecart sur la route avant de se faire arroser insulter par le vehicule qui suit ... Pour ne rien arranger, Vincent a mal au genou, et mon velo est moyennement bien repare...
Au bout de 15 kms, la solution apparait. Une estafette d'ouvriers maroacains est sur le bord de la route. Ils sont huit pour peindre en blanc les pierres qui delimitent la route. Fabrice, en tete a ce moment la, n'hesite pas et demande pour notre premier camion-stop ! Malgre ma reticence au depart je ne peux que etre convaincu par l'ambiance chaleureuse qui regne dans le camion et par les 11 kms parcourus facilement.
Apres cet episode, le moral est revenu et nous continuons notre periple sur la route qui est maintenant plus abritee. Vers 15h00 nous arrivons a Larache. Voila plus d'un mois que nous y sommes mais cette fois il y a un panneau !! Je vous fais grace de toutes les blagues qui ont fuse autour de ce nom de ville ! Compte tenu des conditions et du nom de la ville nous ne pouvons que nous y arreter pour la nuit cela malgre l'heure et le peu de kilometres parcourus.
Nous trouvons notre bonheur dans un hotel a 20 dhs, dans lequel nous jouissons d'un repos bien merite : rien de plus fatiguant que le vent de face. Nous nous offrons même un petit resto, c'est la vie de rois !

 

 


Mardi 25 novembre 2003 (J+45)  (Vincent)
90 km  Total : 2876 km
Temps ensoleillé !
Départ : Larache   Arrivée : Nouirate

 

Le réveil sonne à 6h30. Roro, préposé au réveil, l'éteint promptement... nous ne nous lèverons que 2 h + tard !
Le temps de se préparer et surtout de filtrer l'eau pour la journée (le nouveau sport en vogue au sein de l'équipe Moutons du Monde) et nous partons enfin de Larche à 10h.
Contrairement aux prévisions de la veille, il fait beau, ce qui n'est pas pour nous déplaire puisque notre belle lessive d'hier ne demande qu'à être séchée.
C'est l'occasion de remettre en place nos désormais habituelles "installations de romanos"... notons tout de même qu'au Maroc nos belles installations font -aux dires de Baf- plus que jamais couleur locale !
C'est d'ailleurs l'occasion pour moi de dresser un petit bilan du "paysage véhiculaire" que l'on rencontre sur les routes marocaines. Il est beaucoup plus hétéroclyte qu'ne France puisqu'on trouve à la fois :
- des voitures (normal !) avec une très nette préférence pour les grosses mercedes de + 20 ans d'age et chargées comme des mulets.
- les mulets (puisqu'on en parle), montés de traviole, jambes ballantes, par des hommes ou femmes en guenilles.
- des charettes en bois sur roues de bagnoles, là encore surchargées et tirées par de pauvres bourricots tous maigres.
- les camionnettes de travaux avec 10 personnes dedans, du type de celle qui nous a pris en stop hier.
- des camions et des bus qui nous doublent à fond les ballons suite à des coups de klaxon répétés peu amicaux.

C'est donc au milieu de ce joyeux souk que nous roulons toute la journée. Ah...j'oubliais un détail d'importance, les piétons ! Les bords de route sont blindés de monde, même à plusieurs kilomètres de tout village... ils errent toute la journée avec on ne sait quel but... difficle de faire une pause-vidange tranquillement !
Aujourd'hui, les condiitions de "roulage" sont bonnes : soleil, le vent nous pousse plutot, les kilomètres défilent vite !
Malgré cela, je n'arrive pas à trouver le moindre plaisir à rouler : la route est dangereuse, les coups de klaxon incessants, les gens nous hélent tous les 4 mètres...ras le bol ! Tant pis, il faut avancer, alors avançons en attendant du mieux !
La nuit tombe vite, le changement d'heure du Maroc nous a encore joué un sale coup.
16h30 : il faut filtrer de l'eau pour le camping de ce soir.
Nous passons devant une ferme où nous demandons à planter la tente. Malgré le contact difficile (les proprios parlent français "chouia chouia"), le résultat est au delà de nos espérances : nous auront droit à un bout de grange pour la nuit, aménagé pour l'occasion avec un bout de tapis pour un total confort.
Il est 17h20, le muezzin crie "a la bouffe !" du haut de son minaret à tous les fidèles qui ont jeuné depuis ce matin... c'est la fin du ramadan ! L'occasion pour nos hotes de nous faire découvrir la harira (soupe du ramadan) agrémentée d'un bon morceau de pain chaud, de lait, de dattes et de poisson frit : un vrai délice !
La soirée se passe dehors, nous discutons longtemps avec nos adorables hotes à la lueur d'une bougie, prenons même un petit cours d'arabe... vraiment une très belle soirée qui fait largement oublier les petites misères de la journée ! le Maroc dans ces conditions, j'en demande et j'en redemande !

 

 

Mercredi 26 Novembre 2003 (J+46)  (Fabrice)
81 Km   Total : 2957 Km
Temps nuageux avec grandes éclaircies
Départ: Nouirate    Arrivée : Mkansa

 

Après avoir décidé (enfin !) qu'après tout, le réveil ne sert à rien puisque nous l'éteignons et nous rendormons systématiquement, nous nous réveillons finalement à 7h30 (tout seuls sans aide comme des grands !). Nous sommes vite prêts et avalons notre petit déjeuner frugal habituel. Au moment de partir, le doyen de la ferme qui nous a accueilli nous apporte un petit-déj' Marocain. Pas possible de refuser, nous voilà partis pour notre 2e repas en 1/4 h !! Au menu : pain marocain, thé à la menthe, pâtisserie type brioche sucrée et des sortes de vermicelles frits. Délicieux ! Nous faisons les adieux avec photos et embrassades, puis nous reprenons la route.
Les paysages sont toujours aussi beaux et les gens sympathiques en nous voyant passer. IL est fréquent qu'un gosse nous accompagne pendant quelques kilomètres sur sa bicyclette bringueballante. Aujourd'hui, nous avons meme eu droit à un gamin qui a couru à coté de nous pendant au-moins 1,5 km ! La journée passe vite, trop vite par rapport au nombre de km que nous voulons faire (et oui,1h de moins dans la vue, ça fait mal !) et nous nous retrouvons à 17h paumés au milieu de nul part dans les montagnes. Nous tentons comme la veille une ferme et comme la veille nous sommes très bien accueillis. Nous avons un lieu pour le tente, de l'eau, des toilettes (très important car le mal de ventre commence un peu :-) et meme 3 gamins adorables qui vont passer la soirée à nous regarder avec de grands yeux ronds et tenter de communiquer avec nous. Ils vont meme nous faire de beaux dessins et leur mère nous offre un peu de poulet. Royal ! Mais il est déjà l'heure pour nous d'aller dormir... A demain !

 

 

Jeudi 27 Novembre (J+47)  (Romain)
61 kms  Total : 3018 km
Depart : Mkansa   Arrivee : Fes !
Temps nuageux et lourd

 

Ce matin c'est le coq qui nous reveille, il n'y a rien de plus efficace. Lors des preparatifs maintenant habituels : rangeage de tente, de remorque, filtrage de l'eau, etc..., nous avons le droit a un petit dej offert par nos hotes : les marocains sont vraiment cool avec nous ! C'est agreable de decouvrir la vie de famille de ces fermiers : femmes non voilees, enfants, et mec qui fument la chit marocain ...
Les defis de la journee sont ensuite les suivants :
- Trouver le chemin : malgre les indications precises de nos hotes, ce n'est pas evident. Nous ne sommes pas habitues a coniderer les chemins de terre ! Heureusement que notre maitrise de la langue arabe nous permet de faire appel aux paysans maricains...
- Traverser les montagnes : nous sommes deja dans le moyen atlas et les cotes ont difficilles, surtout pour moi qui subit un gros mal de bide (les premisses d'une tourista ?) et qui ait un derailleur casse ...
- Dejeuner, le projet initial de manger a Fes n'est pas realisable compte tenu du relief, nous devons donc acheter sur le chemin. Il n'y a malheureusement rien, seulement des hameaux de torchis et de chaume. Dans l'un d'entre eux nous trouverons un peu de pain, il est impossible de l'acheter, les paysans nous l'offrent !
Nous arrivons finalement a Fes ou nous organisons notre soiree selon un schema classique : Hotel, lessive, cyber, resto ,dodo...

 

 

 

Vendredi 28 novembre 2003 (J+48)  (Vincent)
beau temps
0 km
visite de Fès

 

Aujourd'hui au programme, la visite de la medina (vieille ville) de Fes. Les souvenirs de la visite avec Roro en 2002 sont encore bien présents : c'est magnifique mais impossible de ne pas se faire enquiquiner (pour rester poli) par 40 gamins et autres faux guides qui nous polluent la visite. La solution standard consiste à prendre un guide "officiel" qui ne fait rien de plus que de nous faire faire la tournée de ses potes artisans et ecartant les marmots sur notre passage... le tout pour 120 dirhams (12 euros).
Mais aujourd'hui nous sommes motivés et bien décidés à faire la visite tous seuls !

Des Bab boujeloud, la porte d'entrée principale de la medina, ça ne loupe pas : un "etudiant" nous saoule pendant 5 minutes pour nous convaincre d'etre notre guide. Quelques demi-tours, dérapages controlés et autres mots peu amicaux plus tard, notre ami est dégouté de nous... nous sommes enfin libres !!!
Nous nous balladons tranquillement lorsque nous passons devant le restaurant des Mérinides, apparemment tres select. C'est alors qu un type nous accoste et nous propose de nous faire visiter l'etablissement, gratuitement !
Il s'agit d'un "superbe palais du 14e siecle tres bien restauré. La salle est décorée de mosaiques, de zelliges et de panneaux de cèdre sculpté" (Copyright Routard) : superbe ! Vraiment !
Dans son elan de générosité, il veut bien nous conduire voir les tanneurs (artisans qui travaillent le cuir, une des attractions les plus prisées de la medina), a conditions de faire un tour chez chacun de ses potes artisans.
Deux heures + tard, ses efforts sont vains : on a tout visité (tres instructif !!!) mais rien acheté... une bonne affaire ce guide !
RAS jusqu au diner où pour changer nous avons décidé d'acheter de la
semoule : ca devrait pas etre trop dur a faire, j'en ai deja fait plusieurs fois au Vesinet... Mais la les grains nous paraissent particulierement fins. Aussi prenons nous la peine de demander conseil au receptionniste de l hotel, pour etre surs...
Celui ci nous indique qu il faut mettre de l eau bouillante dessus, couvrir et attendre que ça gonfle (jusque la pas de surprise). Mais il nous dit egalement d ajouter a cela un litre de lait chaud et de melanger le tout petit a petit.
Je pense sincerement que sa recette etait foireuse (ou du moins les proportions).
Quoiqu il en soit, nous nous sommes retrouvés avec une mixture infame composée de grumeaux de semoule baignés dans une liquide blanc cassé, dommage quon ait oublié de prendre une photo de ce désastre...

C'en est trop pour le Baf qui file s'acheter une pizza !

Romain et moi nous motivons : nous finirons meme la part de Baf ! Avec les boites de thon a la tomate, ça passe presque tout seul...

Pour demain, nous venons de décider d'un nouvel itinéraire. Marre des villes ! Les marocains des campagnes sont bien plus intéressants (ils ne voient pas en nous que des touristes à arnaquer) et accueillants. Donc direction Ifrane (le fief d'entrainement d'Icham el Guerrouj) et les montagnes !
S'agirait d'aller se coucher : deja minuit et on part tot demain...

 

 

 

Samedi 29 Novembre 2003 (J+49)  (Fabrice)
O Km   Total : 3018 Km
Temps nuageux puis soleil !!!
Farniente à Fès

 

Visiblement, la semoule d'hier soir (ou autre chose) n'est pas passée pour Romain et nous apprenons à notre réveil qu'il a passé une bonne partie de la nuit aux chiottes. Non pas qu'il ait prit une cuite cette fois (Cf. Comenar Viejo) mais plutôt que la tourista a fait son apparition !! Je vous passe les détails, mais apparemment ça sort par le 2 bouts et ça continue ce matin ! Impossible pour lui de monter sur un vélo, nous sommes bons pour prolonger notre séjour à Fès. Comme je suis content d'avoir fait mon chieur et d'être allé me bouffer une pizza en traître hier soir ! Vince et moi allons faire les courses pendant que Roro fait la course avec la tourista pour arriver avant elle aux toilettes. Nous en profitons aussi pour nous fabriquer des matraques, l'expérience de qelques chiens sauvages ayant visblement faim sur le route de Fès nous ayant suffit ! Nous faison une autre lessive que nous étendons sur le toit. Il fait beau, ce sera vite sec. Achat de bouquins et farniente dans la chambre pour Vince et Roro, je visite un peu la ville nouvelle pour ma part. Nous finissons l'après-midi à jouer aux cartes au soleil sur la terrasse. Le reste de la soirée est classique, le dîner est bientôt prêt, alors à demain !

 


Dimanche 30 Novembre 2003 (J+50)  (Romain)
44 km  Total : 3066 km
Depart : Fes   Arrivee : Imouzer Kandar
Temps nuageux avec éclaircies

 

Ce matin, je vais mieux : Merci les medocs de Papa ! Nous ne sommes pas mecontents de quitter notre hotel tenu par un chef et une femme de menage peu agreables.
Nous avons choisi de modifier notre itineraire prevu initialement : nous allons diretement vers le sud pour longer l'atlas jusqu'aux cascades d'Ouzoud, pas loin de Marrakech, le Maroc des campagnes nous plait bien plus que le Maroc des villes. Notre objectif du jour est donc Ifrane a 1600 m d'altitude, soit 1300 de plus que Fes ! Cela commenc par un long faux plat de 35 km et cela monte ensuite ...
La route est sympas et nous roulons donc tranquillement, au gres des rencontres :
- Nous croisons tout d'abord unh flic, intrigue par les remorques, et inquiet de notre capacite a gravir la montagne : "il ya des cotes a 80 %" nous anonce t il !
- C'est ensuite un cyclotouriste Marocain en entrainement, un peu fou
- Un membre du club de cyclotourisme de Tetouan !
Chaque rencontre est l'ocasion de serrage de mains passionne de d'echange d'adresse !
Commencent ensuite les difficultes : les lacets de la route sont bien mechant et nous penons pour avancer, sous un brouillard persistant. De plus les mauvais fantomes reviennent : Les froid de l'altitude a reveille le mal aux genoux de Baf, plus fort que jamais. La route se transforme pour lui en veritable calvaire sans que Vincent et moi ne sachions quoi faire ... nous arrivons finalement a Imouzer ou nous decidons sagement de se poser pour la nuit. Encore une fois nous sommes acceuilli au premier lieu ou nous demandons. Les marocains sont vraiment geniaux. La nouveaute de la soiree, c'est nos bougies (moins cheres et plus efficaces que les piles !) et le chauffage berbere : en fait un gros pot de braize qui nous ait gentillement preter par nos hotes(Il fait froid a 1300 m d'altitude!).

 

 

Lundi 1er decembre 2003 (J+51) (Vincent)
27km Total : 3093km
Grosse pluie glaciale et vent de face puis... neige !!!
Départ : Imouzer kandar Arrivée : Ifrane

 

NOus avons encore bien du mal à émerger de nos sacs de couchage : la pluie tombe encore dru (salut Guy !) ce matin => Opération séchage du double toit dans le garage à poules - chiottes de nos hôtes.
Pendant que ça goutte, nos hotes nous invitent à nous réchauffer près du poele et nous servent un royal petit déjeuner.
Décidemment, on ne se lasse pas de l'hospitalité marocaine !
En discutant , nous apprenons que les gens chez qui nous sommes si bien installés sont berberes...et polygames ! Le pere de famille a tout plein de femmes et un nombre d'enfants assez impressionnant.
Il pleut encore bien fort quand nous nous décidons enfin à partir. NOus serons encore retardés par un détail de taille : j'ai paumé mon compteur (désolé le broz') Malgré des recherches poussées près du campement, il reste introuvable... MERDE ! En plus le temps est pourri...la journée commence fort...
1er objectif : Ifrane à 1600m d'altitude; le fief d'entrainement du grand athlète Icham el Guerrouj.

Le trajet jusqu'à Ifrane est un enfer ! Nos combinaisons d'aversonautes se révèlent très vite caduques : le vent qui souffle par tres grosses bourrasques nous envoie des dizaines de litres de flotte dans la tronche. On avance pas et on pète de froid : l'altitude commence a produire son effet. Du coup, nous parcourons les 25 bornes d'une traite : une seule pause suffirait à son filer la crève ! En plus, traine toujours un terrible mal de genou : ça devient réellement problématique ...
Arrivés à Ifrane, impossible de pique-niquer : nous sommes détrempés et transits de froid !
Nous nous faisons donc indiquer un resto pas cher : on y déguste un poulet roti (entier) ainsi qu'une bonne dose de frites, riz, olives et sauce tomate pour 80 dirhams (8 euros). Ca a beau être délicieux, nous n'arrivons pas vraiment à en profiter : nous avons tellement froid que nous tremblons pendant tout le repas, nous sommes frigorifiés...
Puis il faut repartir vers Azrou, à 17 km : les hotels d'Ifrane sontbien au dessus de nos moyens, le prix d'une nuit représente environ une semaine de notre budget bouffe !
Du coup, nous nous préparons encore tous tremblants, la motivation n' est vraiment pas. Du coup, nous partageons notre désarroi avec les quelques marocains qui trainent autour de nos vélos. C'est alors que l'un d'eux nous propose une chambre dans sa maison pour 100 dirhams. Nous ne nous faisons pas prier et fonçons tête baissée, acceptant avec joie cette alléchante proposition !
Le petit "+ Periglioni" de la chambre : le poele !!!
NOus pouvons nous réchauffer à loisir et faire sécher nos affaires...
Le tuyau de poele parait particulièrement chaud. J'y attache donc mes chaussettes pour qu'elles sechent plus vite. Baf et Roro m'imitent rapidement. Bilan : 6 chaussettes + le T-shirt fétiche "Ibiza Power" du Roro crâmés !!! POur les bonnes idées, je repasserai...

Le temps de faire nos courses pour le dîner, une nouvelle venue fait son apparition, la neige !!! On l'avait évitée en France et en Espagne et on se la tape au Maroc, c'est le comble !
Journée bien pourrie à mettre au plus vite dans la case "souvenirs rigolos de galère"...
Demain nous partirons pour Azrou, Inch Allah.

 

 

Mardi 2 Décembre 2003 (J+52)  (Fabrice)
61 Km   Total : 3154 Km
Neige, pluie, grêle... la grande vie quoi !
Départ : Ifrane   Arrivée : Had Oed Ifrance

 

Pour une fois le réveil est facile, il fait chaud car le poel est toujours allumé. Pas de petit-déj', nous avons oublié de le pévoir hier. Nous sortons dehors et constatons que le paysage est tout blanc : il est tombé 10 cm de neige dans la nuit ! Après un arrêt course, nous partons pour Azrou. La route n'est que partiellement déneigée, avec nos pneus slics spécial bitume, on va bien se marrer ! Le meilleur moyen pour ne pas glisser, c'est de rouler dans la neige fondue en soupe car c'est là que ça glisse le moins, paradoxalement ! Malgré tout, je me fait une petite frayeur en descente à 35 Km/h. Les dérailleurs sont bloqués par la neige, une seule vitesse marche sur mon vélo ! Un constat s'impose : nous nous attendions à beaucoup de choses en venant au Maroc, mais sûrement pas à y péter de froid (nos premières températures diurnes négatives du voyages tout de même !) ni à y trouver plus de neige que dans les stations de ski des Pyrénées à la même époque !! Une fois arrivés à Azrou, on suatte un café pour pic-niqué et on évite ainsi la pluie et la neige qui tombent en alternance. Nous repartons sous la bruime avec comme modeste objectif le village de Tiouririne, à une vingtaine de km de là. Nous affrontons pluie, neige, bcp de côtes et peu de descentes, heureusement que le paysage vaut le coup ! Au bout de 23 km, nous nous arrêtons pour demander notre chemin : nous avons passé le village depuis 2 km, il parait que nous sommes passés au milieu ! Perso, je n'ai rien vu moi, tout au plus 2 fermes isolées. Si c'était ça, je me demande ce que foutait ce village sur notre carte nationale à 1 : 900 000 ! Nous continuons notre chemin et devons affronter cette fois la grêle. Nous avons fait fort aujourd'hui, nous avons eu droit à toutes les formes possibles d'eau tombant du ciel : eau; neige, brouillard et glace ! Le pluie redouble d'intensité après la grêle, nous nous forçons à positiver en chantant sous la pluie et en criant "j'en ai rien à foutre !!". Malgré cela, nous nous arrêtons au premier village venu et trouvons refuge chez le cantonnier et sa très gentille femme qui nous offre un poèle pour sécher nos affaires détrempées et un dîner. Dîner par ailleurs un peu bizarre au début puisque la femme et les enfants ne dînent pas avec nous. Nous ne savons que penser. Est-ce à cause de nous parce qu'il n'y a pas assez de place, ou le mari dîne-t-il toujours seul, en musulman traditionnel : les homme d'un côté, les femmes et les enfants d'un autre ? Nous logeons ensuite dans la caserne des pompiers où il y a beaucoup de lits libres. Les 2 pompiers de garde sont très sympas. Ils partagent leur dîner avec nous (le 2è pour nous, mais impossible de refuser) et le thé. Ils sont berbères et nous échangeons longuement sur les coutumes du pays, la nourriture, sur tout et sur rien quoi. Nous apprenons par exemple que l'un d'eux, Hamid, est un peu poète à ses heures. Voici d'ailleurs une de ses oeuvres, que nous aimons particulièrement, nous y reconnaissant un peu :

 

                                                02/12/2003
Je voudrais bien faire des voyages
Découvrir le monde, ses rivages
J'irai par train ou par avion
Voir comment toutes les terres sont

Je voudrais bien voir les mers
L'océan que je n'ai vu guère
Je prendrais peut-être une galère
Pour traverser ce bleu désert

Si les voyages font la jeunesse
C'est que c'est la clé de la sagesse
Demain je serai dans le port
Là, j'attendrais bien du transport

Après que le soleil se lève
Je réaliserais bien ce rêve
Si le très Haut exausse mon voeu
Je serai l'être le plus joyeux

 

                                                   Hamid Kassaouri.

 

Voilà, il est 23h30, nous nous couchons, en espérant qu'il fera beau demain....

 

 

Mercredi 3 decembre 2003 (J+53) (Romain)
54 km  Total : 3208 km
Depart : Had Oed   Arrivee : Khenifra
Temps ensoleille avec qq nuages

 

Ce matin, apres les deux journees difficilles qui viennent de passer, nous profitons bien de notre bon lit. Nous prendrons aussi le temps de bien dire au revoir a nos hotes et aux pompiers bien sympathiques. nous nous faisons offrir un delicieu petit dejeuner.
La route est ce matin assez difficille : collines et vent de face mais assez rapidement nous entamerons une grande descente vers des altitudes plus raisonnables. Les paysages sont sympas toute la journee :
- Nous avons le droit aux champs de cailloux, c'est reellement la culture locale puisqu'ils en vendent sur le bord des route sur des petits etalages.
- Nous voyons aussi aujourd'hui une magnifique foret de conniferes
- Tout le long de la route nous pouvons admirer l'atlas et ses sommets enneiges que nous longeons.
Le reel point noir de la journee est le genou de Baf qui continue de le torturer. Nous decidons donc de nous arreter assez tot a Khenifra pour qu'il puisse voir un medecin afin d'en finir avec le calvaire. Ce dernier est tres pessimiste et preconise au moins deux mois de repos a Baf !!! C'est le coup dur de la journee. Nous ne savons comment le digerer. Quel credit accorder aux medecins Marocains ? Que faire dans le cas ou il a raison ? Le plus etrange est que Baf mais s'il souffre parait encore pouvoir avancer un peu grace aux antidouleurs. Nous nous couchons donc ce soir avec beaucoup d'interrogations et d'inquietude.

 

 

Jeudi 4 décembre 2003 (J+54)  (Vincent)
65 km   Total : 3273 km
Pluie
Départ : Khenifra   Arrivée : Zaouitechieck

 

Départ à 12h15 (un record !) après cyber-courses-rangement : Nous sommes moins motivés que jamais... ras le bol de la pluie !
Mauvaises nouvelles : il flotte et la douleur de Baf ne cesse de croître, même avec les anti-douleur ! Il faut se rendre à l'évidence, il ne pourra pas continuer éternellement dans ces conditions et prend la décision de stopper momentanément le voyage... nous allons tout de même essayer de rejoindre Casablanca, sans forcer... C'est le 1er véritable coup dur pour l'équipe, le moral des troupes est au plus bas...
Seule bonne nouvelle : la pluie n'est pas accompagnée de son ami "vend'face". Comme le dit le philosophe Baloo : "Il en faut peu pour être heureux". Du coup, on avance plus vite (pas trop quand même, c'est toujours vallonné) et on a moins froid : bien mais pas top...
Ce qui est top en revanche ce sont les paysages (cf description du Roro d'hier). Aujourd'hui nous avons même droit à des grands lacs en contrebas de la route, c'est bô !!!
Pour le déjeuner, nous adoptons la technique "kansakaye" qui a déjà fait ses preuves : Pour 24 dirhams (soit le prix d'un café à Paris), nous nous offrons trois cocas et trois cafés et surtout pourrissons une table avec des miettes de thon et autres morceaux de Vache qui rit qui agrémentent nos sandwichs.
L'après-midi se fera pratiquement d'une traite : il faut rattraper le temps perdu de ce matin.
Après Zaouitechieck, le soleil est déjà couché lorsque nous essuyons notre premier refus marocain pour le plantage de tente (surtout dû à un problème de compréhension, le proprio parle "oualou français"). On nous indique alors le champ du voisin dans lequel nous pourrions planter la tente. Les deux minuscules carrés de gadoue qu'on nous propose ne sont pas très réjouissants : ça sent la nuit pourrie à plein nez !
Alors que nous sommes en pleine concertation pour savoir dans quelle parcelle boueuse nous allons plonger la tente, le dit voisin arrive et nous propose de venir dormir chez lui, "maken moushkine" (pas de problème).
Nous ne résistons pas longtemps à cette proposition alléchante et bien nous en a pris puisque 5 min plus tard nous sommes installés sur un tapis-moumoute berbère top confort, en train de partager des notions culturelles et religieuses (en anglais !) avec le cousin de notre hôte. NOus sommes priés de ne pas trop manger de gâteaux, mais pas par soucis d'économie : ce n'est que "la 1ère mi-temps". La seconde, le tajine, viendra ensuite !
Nous sommes véritablement reçus comme des rois ! Le tajine est divin, le 2ème service de thé succulent et notre hôte prépare notre chambre pour la nuit avec un soin incroyable : il dispose 3 tapis-moumoute top conforts qu'il agrémente d'oreillers, de couvertures et de peaux de mouton ! L'hospitalité marocaine est vraiment tout à fait exceptionnelle ! Je ne m'en remets toujours pas ! C'est top !
Allez, mon lit douillet est prêt, je ne voudrais pas le faire attendre trop longtemps.

 

 

Vendredi 5 Décembre 2003 (J+55)  (Fabrice)
61 Km   Total : 3323 Km
Pluie (encore et toujours !)
Départ : Zaouit Ech Cheikh   Arrivée : 10 Km de Beni Mellal

 

Il y a 2 constantes au Maroc :
- 1) Il fait beau plutôt et surtout la nuit
- 2) Tous les chiens du pays gueulent toute la nuit
A cause de la 2e constante, je n'ai pas pu m'endormir avant Romain qui a ronflé comme jamais ! Du coup, ronflements + aboiements continus = insomnie pour moi jusqu'à 3h du mat' ! Je suis donc de fort mauvais humeur ce matin en me réveillant, d'autant plus que mon genoux me fait toujours beaucoup souffrir. En plus, il pleut, pour changer... Nos hôtes nous offrent un petit-déjeuner délicieux qui me remonte un peu le moral. Après les avoir quitté chaleureusement, nous faisons 34 Km quasi d'une traite jusqu'à Kasba Tada. Là, nous innovons une nouvelle technique de séchage, la technique "kantétrempécomunesoup" dans un cyber-café, histoire de faire un peu de journal et de régler enfin nos problèmes de billet d'avion pour sortir du Maroc. Puis, nous adoptons notre désormais traditionnelle technique "kansakaye" pour manger au chaud dans un café. Nous ne reprenons la route frigorifiés seulement qu'à 15h40, ça va être chaud de joindre Beni Mellal aujourd'hui ! Nous avançons tout de même bien et nous arrêtons 10 Km avant la ville dans une ferme qui nous a l'air sympathique. Saïd, le gérant, après avoir vérifier que nous n'étions pas marocains ("tous des voleurs" selon lui) nous accueille gentiment et nous propose sa grange. Nous avons même droit à des caisses d'orange vides pour nous faire des lits, afin de nous isoler du ciment froid et humide. Il nous offre le thé et nous discutons longuement, non sans quelques difficultés, son français étant loin (il ne l'a pas parlé depuis 1975) et notre arabe étant proche du zéro absolu. Puis il nous offre un peu de Tagine et des clémentines. Le riz cuit, nous sommes fatigués par cette journée sous la pluie. Je met mon genoux au repos et au chaud sous une genouillère et néoprène (et oui, comme la colle !). Demain, il devrait faire beau : Inch Allah !

 

 

Samedi 6 decembre 2003 (J+56)  (Romain)
70 km  Total : 3393 km
Depart : 10 km de Beni Melal  Arrivee : Barrage de Bin El Ouidane
Temps ensoleillé !!

 

RAS pour le reveil de ce matin a part qu'il fait beau !! Apres 10 km de plat nous nous offrons une longue pause a Beni Melal afin de faire un peu d'internet et de faire les courses. Nous filons ensuite sur du plat et sous le soleil jusqu'au dejeuner.
Apres le dejeuner, les choses se compliquent puisque nous "rentrons" dans l'atlas. L'entree se paye cher : 15 km de cote mechante. C'est largement comparable a nos cols les plus durs, a la difference qu'on ne s'y attend pas et qu'on a meme pas un panneau a prendre en photo en haut !! Pour Baf, cela tourne au veritable calvaire, nous hesitons meme un moment faire demi tour, avant de finalement continuer.
D'en haut nous profitons de la magnifique vue sur la longue plaine avant de redescendre vers le barrage de Bin Ouidane. Celui ci retient un magnigique lac devant lequel nous camperons ce soir. En effet, un bebere du coin nous a gentillement propose son jardin qui nous offre un vue sur un paysage carpostalesque : de hautes montagnes enneigées entourant le lac.

 

 

Dimanche 7 décembre 2003 (J+57)  (Vincent)
32 km  Total : 3425 km
Temps ensoleillé, vitesse moyenne : 12 km/h !
Départ : Bin El Ouidane   Arrivée : Azilal

 

Un quasi sans-faute pour cette journée exceptionnelle ! Réveil sous un soleil redieux au milieu d'un cadre idyllique : notre tente est plantée au bord du lac. Nous ne pouvons pas résister à l'envie d'aller nous y baigner, d'autant plus qu'on ne s'est pas lavé depuis Ifrane (le 1er décembre) !
Une fois imergés, le bonheur est total : nous nageons dans une eau limpide avec une vue imprenable sur les montagnes et les sommets enneigés.
Nous en profitons également essayer notre filtre à eau en "conditions réelles" : aujourd'hui, nous boirons l'eau du lac !
Du coup, nous ne partirons que vers 11h30 : il sera difficile d'atteindre les cascades d'Ouzoud (à 70km) aujourd'hui. D'autant plus difficile que les hostilités commencent très vite : 15km de côte en lacets non-stop. Le déjeuner est assez unique en son genre puisque nous avons une vue royale sur le lac et les montagnes (encore ?!?) et que nous pouvons toujours voir l'endroit où nous avons dormi en contrebas.
Pendant pratiquement toute la montée, des marmots sont plantés sur le bord de la route. Il tentent en vain de vendre des fruits rouges ramassés dans la montagne. Avec tout ce monde, impossible de jouer de la pelle et du PQ tranquillement. Les enfants sont également très studieux : ils nous demandent tous de leur donner un stylo... le désoeuvrement de ces enfants est vraiment navrant...
La route jusqu'à Azizal est vraiment magnifique et l'expression marocaine entendue maintes fois dans les souks "pour li plizir dizieux" prend ici tout son sens !
En sortie d'Azilal à 17h, nous toquons à la 1ère ferme pour passer la nuit. Ici encore nous sommes reçus comme des princes et avons tout le mal du monde à faire comprendre que nous préférons dormir dans le garage que de virer les enfants de leur chambre.
Pour la petite anecdote, il est difficile de sortir du garage pour faire ses besoins (pourtant nécessaire avec tout le thé que nous avons bu) en pleine nuit avec les chiens de garde. Baf et Roro y sont tout de même arrivé, matraque à la main. En ce qui me concerne, ma peur a été la plus forte : pas moyen de sortir malgré les tentatives répétées... la bouteille vide de coca en a pris un coup...

Bilan de la journée : on en a vraiment pris plein les yeux ! Sans aucun doute les plus beaux paysages depuis de début du voyage !

 

 

Lundi 8 Décembre 2003 (J+58)  (Fabrice)
32 Km   Total : 3457 Km
Temps nuageux + soleil
Départ : Azilal    Arrivée : Ouzoud

 

Réveil sans problèmes sous un temsp nuageux qui, nous l'espérons, ne virera pas trop à la pluie. Nous parons relativement tôt avec comme objectif de la journée Ouzoud, à 32 Km de là. Nous constatons avec plaisir qu'il y a (pour une fois) plus de descentes que de montées, si bien que nous avalons les kilomètres du parcours en 2h30, pauses 2e petit-déj et filtre comprises.
Une fois arrivés à OUzoud, nous négocions un parking gardé pas trop cher pour l'endroit (10 dh) et voulons aller pic-niquer au pied des cascades. Problème, nous ne trouvons que le haut de celles-ci et aucunes indications d'itinéraire nul part. POur l'organisation du site touristique, il faudra repassé ! Après nous être fait jetés d'une proporiété privée que nous avions foulée en cherchant en vain un chemin, nous retournons sur la place principale où nous apperçevons 2 vélos de cyclotouristes. Puis, quelqu'un s'écrie au loin "tiens, voilà enfin les Moutons !". Il s'agit de Cyril MOreau, parti 1 mois avant nous pour un "Mocy Tour" du monde de 3ans, accompagné pour le Maroc par un ami, Youssef alias Youyou. Il nous a suivi via notre site. Bien entendu, nous entamons tout de suite la conversation. Nous apprenons qu'ils ont passé ici la nuit dernière et s'apprètent à partir. Ils nous invitent tout de même à prendre un thé, nous pic-niquons en même temps. Finalement, ils commandent un tagine qu'ils partagent avec nous. Nous discutons longuement de nos projets respectifs, de nos galères, de nos joies, de nos peines, de nos coups de blues, de nos coups de gueule, de nos rencontres, de nos techniques pour bricoler le vélo, trouver à manger, à boire, trouver un toit pour la nuit, etc. Nous comparons aussi notre équipement, eux ayant des saccoches vélo, nous des remorques. Mais surtout, nous discutons de nos expériences humaines. Bref, nous parlons nous parlons et 16h sonne. Si nous voulons voir les cascades, avec le nuit qui tombe à 17h15, il va falloir dormir ici. En entendant ça, Cyril et Youyou décident d'en faire autant. Nous convenons de partager une grande chambre à 5 afin de continuer le partage. Avant le soirée, ils nous feront une visite privée es cascades qu'ils avaient eux-même visitées la veille avec un guide. C'est magnifique ! Puis, nous nous installons dans notre chambrée et commençons à nous montrer films vidéos et autres photos. Nous pouvons même graver nos photos sur son portable ! C'est marrant de constater que nous sommes parfois passés sur les mêmes routes exactement à quelques heures d'intevalle, comme par exemple le col d'Afourer, le barrage Bin El Ouidal et la descente d'Azilal, puis la route d'OUzoud. Le soir, nous partageons un tagine géant avant d'aller nous coucher assez tard, vers 23h30. Quelle rencontre ! Ca donne vraiment le moral de voir que d'autres personnes ont le même goût du voyage qui sort un peu des circuits touristiques que nous, ont les mêmes galères, les mêmes problèmes mais aussi le même genre d'émotions !!
Nous nous endormons la tête pleine de souvenirs remémorés et de réçits, la nuit va être bonne !

 

 

Mardi 9 decembre 2003 (J+59) (Romain)
61 km Total : 3518 km
Depart : Ouzoud Arrivee : Dar el Zidouh
Temps pluvieux puis nuageux

 

Nous nous levons ce matin tous les cinq (!!) vers 08h00 pour s'apercevoir qu'il pleut. Apres les preparatifs d'usage et un bon petit dej, il est temps pour chacun de prendre la route. Les au revoir se font a coup d'echange de velo et de nombreuses photos.
Nous partons finalement vers 11h00. Celle ci est difficille mais notre rencontre avec les Mocy nous a donné de la motivation, nous avancons donc, Baf arrivant presque a oublier son genou. La route nous mene a surplomber de magnifiques gorges. Le spectacle est magifique.
Apres de dernieres cotes, nous entamons une derniere descente qui nous mene vers une grande plaine. Nous avons quitte les montagnes !!
Il est alors temps de trouver un coin pour la nuit. Nous trouverons notre bonheur dans un petit patelin, chez le seul mec qui sait parler francais ! Celui ci nous acceuille comme des rois chez lui :
- Au moins 3 litre de the par personne
- Un enorme couscous delicieu (c notre premier en plus)
- Un match de la ligue des champions (besiktas - Chelsea, bof)
Tout est parfait meme si notre intorlucuteur parle un francais basique et que nous ne pouvons pas vraiment discuter avec lui.
Apres la soiree, il transforme la salle a manger en chambre a couche et nous nous endormons sur les tapis et sous les couvertures, c'est royal !!

 

 

Mercredi 10 décembre 2003 (J+60) (Vincent)
50 km Total : 3596 km
Temps nuageux puis pluvieux
Départ : Dar el Zidouh Arrivée : El Borrouj

 

Au programme de la matinée, visite de l'école du village. Rachid nous y accompagne et après une explication succinte de notre projet, le maître nous accueille chaleureusement dans sa classe.
L'école est minuscule et composée d'une unique salle de classe. Bâtie en 2002, elle est fissurée et souffre déjà de gros problèmes d'humidité !
Ils sont aujourd'hui 13 élèves, 8 garçons et 5 filles (dont 4 voilées) à assister à la leçon de grammaire française du jour : l'utilisation du mot "leur".
Sur les murs, beaucoup de dessins mais également de nombreux posters rappelant les règles de grammaire, d'orthographe et de conjugaison en français ET en arabe. Il y a même une maquette de mosquée au dessus du tableau, confectionnée avec des restes d'emballage cartonné.
Nous sommes surpris : les élèves -relativement sages mais participant beaucoup- semblent d'âges assez disparates. Nous apprendrons plus tard qu'ils ont entre 8 et 17 ans pour un même niveau... assez surprenant !
Mais il ne s'agit pas en réalité d'une école primaire "normale" : celle-ci est subventionnée par la fondation Mohammed V : ainsi, en plus de fournir le matériel scolaire à ses élèves, elle redonne une chance d'apprendre à des gens de tous âges, même à des femmes adultes qui suivent des cours d'alphabétisation et de sensibilisation aux problèmes de santé.
Ici, l'enseignant n'est pas un "maître" mais un "animateur" : il a été formé pour enseigner avec le sourire, toujours motiver ses élèves, alors que la méthode "classique" au Maroc est encore très sévère et répressive.
Ce gentil animateur trentenaire nous annonce une heureuse nouvelle : il va se marier au "mois 1" (janvier)... avec une fille de 15 ans !!!
Après une 1ère phase où les enfants sont intimidés par notre présence et n'osent commencer leur dessin, ils deviennent très appliqués et nous font des oeuvres très colorées. Ils rêvent surtout de nature, de montagne, d'animaux... l'un d'eux rêve même d'être fkih (Imam)... on est bien loin des rêves de footballeur des enfants français et espagnols !
Nous reprenons la route l'après-midi : celle-ci a à peu près autant d'intérêt que la Beauce, les chasseurs en moins... pas palpitant...
RAS jusqu'à El Borrouj où Baf apprend qu'il ne pourra prendre son billet d'avion charter retour s'il ne fait pas l'aller (Paris-Casablanca le 13 décembre) : c'est la merde ! Il regarde déjà les autres moyens de rentrer en France : un avion au prix fort ou 3 jours de car ? Le choix est difficile !
Nous sortons finalement la ville à la nuit tombée et arriverons au hasard d'un chemin dans une administration agricole. Les gens y sont particulièrement sympathiques, nous pourrons y dormir sans aucun problème après vérification de nos passeports par la police locale. Mohammed, le directeur du centre nous invite même chez lui pour y déguster un succulent tajine, l'occasion de discuter avec lui des différences de coutumes alimentaires, de salaire et de niveau de vie entre France et Maroc.
Merci Mohammed pour ce bon accueil et cette délicieuse soirée !

 

 

Jeudi 11 Décembre 2003 (J+61)  (Fabrice)
75 Km   Total : 3646 Km
SOLEIL !!
Départ : El Brouje   Arrivée : Settat

 

Réveil à 8h avec un petit-déj offert par Mohammed : pain, confiture, beurre, huile d'olive maison, café épicé et thé : le luxe !
Puis, nous partons pour une route quelque peu valonnée, mais roulante et sans vent. Nous faisons donc sans problème 36 Km avant de nous arrêter déjeuner, malgré mon genou qui fait ses crises régulièrement. Il fait beau, nous nous installons au soleil. Pendant le repas, un vieux du coin vient nous voir et commence à nous parler... en arabe uniquement ! Nous avons beau lui répéter "oualou arabia" ("pas arabe"), il continue son speech comme si nous étions bilingues. Un vrai dialogue de sourds ! Nous lui filons un peu de pain et du chocolat et prenons 2 belles photos de lui. Puis, nous repartons pour les 36 derniers km... R.A.S
Arrivés à Settat, nous cherchons un hôtel. Nous nous ensortirons pour 120 dh pour 3, pas moyen de négocier. Il faut dire que c'est leu seul hôtel de Settat à moins de 250 dh, il jouit donc d'une situation de quasi-monopole. Nous nous offrons un resto pour notre dernier repas uniquement tous les 3 du voyage (et oui, il faut que rentre me soigner pour au-moins 2mois)... nous dévorons 2 poulets entiers, ds frites, salades et 6 cocas. Repus, nous nous coucherons vers 23h.

 

 

Vendredi 12 Décembre 2003 (J+62)  (Romain)
78km   Total : 3724 km
Depart : Settat   Arrivee : Casablanca
Temps ensoleillé

 

Aujourd'hui, nous ne sommes pas pressé, nous avons 70 km à faire pour rejoindre Casablanca. Nous prenons donc notre temps ce matin en prenant un bon petit dejeuner et en passant au Cyber (Afin de gerer les problemes de billet d'avion). Aujourd'hui est la derniere journee pour Baf avant un bout de temps. Cela nous fait bizarre...
Le trajet est sans surprise : une grande route plate et passante. Nous avancons tranquillement sous le soleil, il n'y pas grand chose à raconter. Comme d'habitude a l'approche des grandes villes, il faut être rusé pour éviter les autoroutes, nous devons même escalader des barrières de sécurité !!
Nous arrivons finalement sur Casa en fin d'apres midi, le temps d'admirer la magnifique mosquée et de se poser a un café. Casa nous parait dès le premier coup d'oeil comme beaucoup plus occidentalisée que le reste du Maroc : filles non voilées, tenues vestimentaires européennes, etc..
Peu de temps apres mon frere Fabien rentre du boulot et peut nous ouvrir les porte de son appart. Ce soir, apres nous avoir obligé à passer à la douche, il nous offre un somptueux repas. C'est un regal.

 

Samedi 13 décembre 2003 (J+63)  (Vincent)
Soleil !
Repos à Casa


Ce matin, Fabien nous emmène Roro et moi à son club d'équitation, Baf préférant déjà commencer à faire sa valise.
Là bas, c'est un peu le point de repère du WE de tous les expat's de Casa.
Fabien nous propose d'emblée de faire une ballade mais nous sommes bien trop inexpérimentés. Il nous offrira finalement un tour de "longe" : on fait toutes sortes de manoeuvres sur une jument tenue en laisse qui fait des ronds : assez casse-gueule et tape-cul mais vraiment très sympa ! Merci Fabien !
L'après-midi je pionce (suis malade) pendant que les autres font des emplettes au marché.
Pour le soir, rien de tel qu'un bon p'tit ciné pour se remettre : Kill Bill, le nouveau Tarantino : énorme !




Dimanche 14 decembre 2003 (J+64)  (Romain)
Glandouille à Casa
Très beau temps


Ce matin : grasse mat ! Vincent est toujours malade et la journee se fera sans lui qui reste toute la journee dans son jogging... Pour le reste des troupe le programme est le suivant : petit jogging dans la foret (san Baf -> Mal au genou), dejeuner aux pates, sieste et visite du souk de casa (il est tout propre et tout bien rangé !)
Pour la soiree nopus redigeons l'article pour la mairie de sartrouville et on regarge ensuite Matrix 3 (tres mauvais), acheter la veille au marche pour 2 euros ...




Lundi 15 décembre 2003 (J+65)  (Vincent)
Préparatifs de départ à Casa


Matinée studieuse puisque nous rattrapons notre retard de journal de bord au cyber café...
L'après-midi est également chargée : Roro cherche sur Internet la notice de l'antimoustique pendant que Baf et moi arpentons pendant + de 2 heures les rues de Casa à la recherche d'un labo photo qui développe les photos numériques. Nous le trouverons finalement, à 100 m de chez Fabien.
Ce soir, la bonne de Fabien nous a préparé un "ksou-ksou" du feu de dieu, arrosé du meilleur vin marocain... Mmmmmmmm.. j'en salive encore ! J'en profite d'autant plus que c'est le 1er repas complet que j'arrive à avaler depuis 2 jours... suffisiat dy mettre les moyens ! :o)



Mardi 16 decembre 2003 (J+66)  (Romain)
Glandouille à Casa
Temps nuageux


Aujourd'hui est une grosse journee, c'est le depart d'un membre de l'equipe. Baf rentre en effet pour Paris afin de se reposeer un peu de son genou. Nous l'accompagnons evidemment a l'aeroport pour la ceremonie de " Au revoir". Cela fait vraiment bizarre de le voir partir...
Nous passons le reste de la journee a faire la course dans Casa : il faut recuperer nos billets d'avion, trouver du matos de velo (tres dur de trouver des freins dans casa !) et preparer nos remorques pour le depart de demain (difficille car nous recuperons des affaires que Baf portait avant, nous decidons donc de "larguer" le panneau solaire...)
Pour le dinner, nous invitons Fabien dans un delicieu resto italien. Nous passserons le reste de la soiree a ecrire au Marocains et Espagnols qui nous ont acceuillis.




Mercredi 17 octobre 2003 (J+67)  (Vincent)
Episode 1 : Maroc
36 km   Total : 3760 km


Nous avons finalement décidé d'aller à vélo à l'aéroport. Evidemment, nous partons en retard sur l'horaire prévu. En plus, l'infatigable lièvre Baf nous manque vraiment : ça fait drôlement bizarre de ne plus l'voir à nos côtés...
Pour ne rien arranger, nous perdons plein de temps sur le trajet à la recherche de cartons pour envelopper nos remorques et le vent nous arrive méchamment dans la tronche : on n'avance pas ! 
Résultat : on arrive à la bourre et dégoulinant de sueur. On prépare nos bagages pour le vol à l'arrache, enregistrement idem et embarquement au dernier moment.
L'avion est blindé de monde et les sénégalais ont 2 fois leur poids en bagages. Il n'y a plus aucune place dans les casiers pour les bagages à main (15 kg de bordel) : nous les garderons dons sur les genoux pendant tout le vol... top confort !
Vol sans surprise (juste en retard, normal !). Nous nous posons enfin, à Dakar, "la température extérieure est de 25 degrés".
Adieu coupe-vent, gants, écharpe... et vive les tongues !

 

 

 

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BILAN DU MAROC

 

 

            Nous sommes arrivés au Maroc par bateau le 23 novembre 2003. Nous avons accosté sous la pluie a Tanger après une traversée de 2h30 environ sur un gros ferry.

 

            Pour nous, en dehors du pays en lui-même que nous avons aimé découvrir, le trajet a été difficile. Nous avons eu un très mauvais temps avec beaucoup de vent, de pluie et même de la neige !! En règle générale, les conditions météos ne nous pas été favorables. D'après ce que les gens nous ont dit, le temps est normalement plutôt meilleur a cette période. C'est ce que nous avons pu apprécier lors des quelques jours de ciel bleu que nous avons eu. Par ailleurs, les montagnes de l'atlas nous ont paru très dures à franchir. Elles ont même été de trop pour Fabrice dont le genou n'a pas tenu. Il était donc difficile de faire beaucoup de kilomètres, d'autant plus que la nuit tombait vers 17h00 !!

 

            Jusqu'au 26 novembre, nous avons vécu deux jours entiers de ramadan. Le ramadan est le mois de jeune que tous les musulmans observent chaque année. Durant celui-ci, les Marocains (quasiment a 100% musulmans) effectuent un jeune du lever au coucher du soleil. A la fin de la journée, lorsque le muezzin appelle a la rupture du jeune, les rues qui étaient juste avant bondées deviennent désertiques : les marocains prennent un petit repas bien nourrissant généralement a base d'une soupe aux légumes délicieuse appelée la harira. Avec la profession de foi, la prière cinq fois par jour, le pèlerinage a la Mecque et le don au plus pauvres, le ramadan est l'un des cinq piliers de l'islam. Cette religion est la religion officielle du pays et nous avons ainsi découvert comment elle se vit au jour le jour.

            Les manifestations les plus visibles de l'islamisme sont les mosquées avec leurs muezzins appelant à la prière plusieurs fois par jour (quand c'est au milieu de la nuit, ça peut être désagréable !!) mais aussi la condition de la femme. A chaque fois que nous avons partagé notre repas avec des marocains les femmes l'ont préparé mais ne l'ont pas mangé avec nous. Leur repas se fait à part avec les enfants. Les beaux tapis et le service de table sont réservés aux hommes. De même dans les rues, les femmes sont toutes voilées, elles ne nous parlent pas et on ne les voit pas aux terrasses de café. C'est parfois assez choquant pour nous qui ne sommes pas habitués à cette culture. Par ailleurs, on ne peut pas manger de porc dans le pays (combien de fois avons nous rêvé d'un bon saucisson !) et très difficile de trouver de l'alcool.

 

            Les routes du Maroc sont très folkloriques. En dehors de leur nombre restreint et de leur qualité douteuse, elles proposent un spectacle incroyable. Tout d'abord en ce qui concerne le bas coté, partout ou nous sommes passés, il y avait toujours quelqu'un à moins de 100m. Les routes sont ainsi jalonnées de personnes qui passent leurs journées ainsi. A chacune des pauses que nous faisons, il y a donc toujours quelqu'un pour venir nous voir, discuter ou alors nous vendre une babiole quelconque, parfois c'est un enfant qui vient nous demander un stylo ou de l'argent. Sur la route le spectacle vaut aussi le détour. On y trouve toutes sortes de véhicules : il y a les enfants en vélo comme nous (à la différence que le leur fait plus de bruit qu'une usine !), qui cherchent à nous doubler avant de s'épuiser, les charrettes tractées par des ânes ou des chevaux, les voitures (de vieux modèles européens) souvent surchargées de bagages sur le toit et surtout les "grands taxis" qui foncent sur les routes en klaxonnant et sans jamais ralentir. Les routes du Maroc sont considérées comme faisant partie des plus dangereuses du monde et nous y avons eu plus d'une frayeur. Rétrospectivement, il nous parait incroyable de ne pas avoir vu d'accident sur les 1000 km que nous avons parcourus.

 

            L'itinéraire que nous avons suivi n'est pas celui que nous avions prévu. En effet, nous avons rapidement réalisé que nous étions bien mieux dans les campagnes que dans les villes. Le pays étant très touristique, toute une partie de la population ne vit que sur cette industrie. Dans les villes, nous sommes sans arrêt assaillis de toute part par des "étudiants anthropologues" en fait des faux guides ou des rabatteurs voulant nous amener dans une boutique ! Dans les campagnes, les gens ne vivent généralement pas du tourisme et nous pouvions avoir des échanges plus intéressants avec les gens. Apres avoir rejoint Fès, nous avons donc décidé de rejoindre les montagnes de l'atlas au lieu de continuer les visites de villes. L'atlas est peuplé par les berbères, le peuple originel du Maroc, dont on dit qu'il s'est réfugié dans les montagnes lorsque les Arabes sont arrivés. Ils sont aujourd'hui culturellement très proches des arabes, tous musulmans et parlant l'arabe. Il reste cependant quelques différences et nous les avons trouvés beaucoup plus sympathiques et accueillants. Durant note passage dans les montagnes, pas un ne nous a refusé l'hospitalité, ils nous ont tous offert le thé et il n'était pas rare que nous soyons reçus dans la maison pour le dîner(autour d'un tajine ou d'un couscous, c'est à chaque fois un régal). Généralement, les soirées étaient aussi l'occasion de discuter avec eux, afin de comprendre leur culture et leurs vies. D'un coté plus pratique, nous avons pu voir comment les gens vivent, ce qui est assez instructif. Généralement, les gens que nous avons vus vivent dans des conditions sommaires. Sans eau courante, sans électricité courante, avec une unique pièce chauffée au poêle dans laquelle ils vivent, mangent et dorment. Ce qui est amusant et que certains d'entre eux, bien que vivant dans ces conditions ont dans un coin une télévision (branchée sur batterie de voiture), avec le câble et le dvd !! C'est un contraste assez surprenant.

            Tous ces gens que nous avons croisés, quand ils ne sont pas au chômage, vivent généralement de la culture des terres qu'ils effectuent dans des conditions très difficiles. Nous avons souvent vu des paysans labourer des champs avec un cheval comme au moyen age en France ! Parfois, les terres ne leur appartiennent pas ils ne gèrent que l'exploitation, pour 5 € par jour !! (salaire moyen marocain) Difficile dans ces conditions de nourrir la famille et d'envoyer les enfants a l'école !

            C'est la raison pour laquelle on voit dans tout le pays (pas seulement les montagnes) des enfants traîner ou travailler. Ils sont très nombreux dans le pays (45 % du pays a moins de 15 ans) et il est rare qu'ils soient scolarisés. On en voit partout qui traînent et courent à notre rencontre pour quelques dirhams ou un stylo, parfois ils tiennent même un commerce de cigarettes (dans les villes) ou  de fruits (dans les campagnes). La conséquence est que le pays connaît un taux d'alphabétisation faible, encore plus pour les femmes qui vont très rarement a l'école.

 

            En ce qui concerne la récolte des dessins, cela a été assez difficile. En effet, des qu'il n'y pas d'adultes dans les parages, les enfants ne voient en nous qu'une source de dirhams ou de stylos. Nous n'avons donc pu obtenir des dessins que lorsqu'un adulte était présent. Cela est arrivé deux fois dans des familles qui nous accueillaient et une fois dans une école. Nous avons ainsi récolté assez peu de dessins. De plus, lors de nos contacts avec les enfants nous pensons que la notion de rêve n'est pas bien passée et beaucoup d'enfants ont juste cherché à dessiner quelque chose de joli qui ne correspond pas forcement a leur rêve...

 

            La langue utilisée dans le pays est l'arabe, c'est aussi la langue officielle. Cependant, le Français est incontestablement la deuxième langue du pays. Il est enseigné dans les écoles et parlé par une grande partie de la population. Cependant, dans les petits villages, il était parfois difficile de se faire comprendre. Pour aider les conversations les principaux mots d'arabes que nous utilisions étaient : salam alekoum, alekoum salam, aji goulek (viens parler), chouf (montre), etc...

 

            Au niveau politique, le pays est gouverné par le roi Mohammed VI et ses ministres. Le roi est présent dans quasiment chaque ville. En effet, une grande partie des magasins, des boutiques sont ornées d'un tableau représentant le roi. Certains panneaux publicitaires 4 mètres sur trois exposent aussi son portrait. Les précédents rois (Hassan II, père de Mohammed VI et Mohammed V, son grand-père) ont donné leur nom a une très grande partie des rues et des monuments dans les villes.

 

            Au niveau musical, le pays propose en dehors des tubes européens qui se vendent bien (généralement en contrefaçon et a des prix ridicules), une musique locale qui ne nous a pas beaucoup plu. C'est soit la musique arabe, sans surprise et un peu répétitive, soit la musique berbère qui lui ressemble beaucoup.

 

            Au niveau, culinaire, j'ai déjà parlé des tajines de poulet et du couscous, souvent délicieux. Malheureusement, ces plats ne constituaient pas notre quotidien. Pour nous les repas types étaient plutôt : Un pain rond (le pain au Maroc est rond et bon) avec une tablette de chocolat pour le petit dej, trois sandwichs au pain rond avec du thon pour le premier, de la vache qui rit pour le second du chocolat pour le troisieme, le tout suivit de quelques oranges  pour le dejeuner; généralement vers 18h00 nous prenions un thé qui nous etait offert, il se boit avec enormement de sucre (presue autant que de thé !); du riz ou des pâtes ou les deux, avec du concentré de tomate et/ou des vaches qui rit pour le dîner.

 

            A la fin de notre périple nous sommes arrivés à Casablanca, terminant ainsi une petite boucle passant par Tanger, Fès et les montagnes de l'Atlas (quasiment jusqu'a Marrakech). De Casablanca nous avons pris l'avion jusqu'au Sénégal afin d'éviter le désert Mauritanien, a priori trop dangereux. C'est aujourd'hui un peu un regret puisque depuis notre départ, les relations Marroco-Mauritanienne se sont améliorée et nous avons appris que la route est maintenant totalement goudronnée entre le Maroc et le Sénégal. Nous aurions donc pu passer, donnant ainsi plus de cohérence a notre voyage.

 

            En conclusion, nous retiendrons du pays les magnifiques paysages, l'excellent accueil des gens malgré leurs difficiles conditions de vie, mais aussi le fonctionnement de la société avec notamment la place de la femme qui est difficile à comprendre d'un point de vue européen.

 

 

 

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